Commentaire de Jean Dugenêt
sur De communiste à collabo : Jacques Doriot, l'énigmatique « petit Führer français »
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Votre article a le mérite de faire un rappel sur le parcours, peu ordinaire, de Doriot. Il est dommage que dès qu’on évoque Doriot des sympathisants du PCF se sentent agressés. Doriot était un individu qui a eu un parcours particulier. Aucune déduction abusive ne doit être faite. Il serait aussi possible d’écrire un article sur Déat qui devint lui aussi un collabo après avoir été un socialiste.
Il fut beaucoup moins exceptionnel que des types de droite et d’extrême-droite devinrent collabos. Chez eux, c’est plutôt l’inverse qui fut exceptionnel. L’auteur vient en effet de citer quelques noms qui font exception à la règle. Je me souviens que dans le film « Le chagrin et la pitié » l’un des anciens résistants interviewés était un aristocrate, évidemment, de droite. Il était entré dans la résistance par nationalisme.
Je peux d’ailleurs préciser que les positions de Doriot jusqu’en 1934-35-36 étaient proches de celles des trotskystes. Cela est suggéré dans l’article, mais ce n’est pas dit clairement. La division, en Allemagne, entre les communistes et les socialistes a été la principale cause de la prise du pouvoir par Hitler et c’est à cette politique que s’opposait alors très justement Doriot.
L’auteur a souvent le mérite, sur ce site, de dire des vérités qui dérangent les nombreux poutinistes. Ceux-ci hurlent en bande, sur ce site, depuis que la direction a été prise en main par des proches de l’UPR de manière discrète et subreptice. Ils se sentent agressés dès que certaines vérités sont énoncées. Ce sont pourtant bien ici leurs amis qui pratiquent une ignoble censure. Personne d’autre n’a les moyens d’interdire des articles.
Je suis un défenseur de deux principes essentiels : la liberté d’expression et l’exigence de vérité. Ce sera d’ailleurs la devise du site que je prépare pour prendre la relève d’AgoraVox qui est en train de disparaître.
Pour ce qui est de l’exigence de vérité, je pense que cet article est nettement au-dessus de ce qui se pratique fréquemment ici. Mais je me permettrai de dire à l’auteur qu’il peut mieux faire. Ce n’est qu’un détail, mais je pense qu’il ne faut pas prendre le risque de s’écarter de la vérité pour faire de la belle littérature. La littérature fait souvent place davantage à l’imagination qu’à la réalité.
Vous écrivez :
"Sous le ciel gris de Saint-Denis, où l’odeur des forges se mêle aux cris des ouvriers, Jacques Doriot, jeune métallurgiste aux mains calleuses, rêve d’un monde nouveau".
Êtes-vous certain que le ciel est plus gris à Saint-Denis qu’ailleurs, que l’odeur des forges se répand dans toute la ville, qu’on y entend les cris des ouvriers ? Êtes-vous certain que Doriot avait les mains calleuses ?
Et je peux continuer ainsi. Je ne suis pas certain que les cheminées crachaient une fumée noire dans les ruelles de Saint-Denis ou que Doriot ait voulu manier le marteau quand il s’est fait embaucher.
Merci, cependant, pour cet article.
