Commentaire de Hamed
sur Le Vide intérieur. Se libérer par une réflexion sur soi en comprenant ce qui ne va pas en soi
Voir l'intégralité des commentaires de cet article
@babelouest
Vous avez raison de dire : « Ce n’est qu’un récepteur, guère un émetteur. A moins de se prendre pour le centre de l’univers, méditer sur « soi » n’a guère de sens, ce ne serait que du temps perdu ! »
Mais alors comment comprendre, babelouest, ce soi « récepteur ». C’est tout à fait vrai que « méditer sur « soi » n’a guère de sens, du moins pour le profane.
Et ce ne serait pas du temps perdu, bien au contraire du temps vital »qui peut sauver une vie« . En effet, prenez une personne un homme ou une femme ou plutôt je donne un exemple que j’ai vu, et il y a eu d’autres similaires que je ne peux en parler faute de place dans un commentaire.
En Union soviétique, alors que la Russie n’était pas née encore en 1991, j’étais à Léningrad (St Pétersbourg), et j’avais connu des jeunes femmes russes ; je faisais des études. Parmi ces jeunes femmes russes, il y avait une jeune femme russe d’origine juive qui m’intriguait ; elle était fiancée à un doctorant russe qui faisait ses études à Moscou.
Cette jeune femme broyait du noir ; elle était très malheureuse ; un »grand vide intérieur« se faisait en elle et elle disait à tous y compris à moi qu’elle va se suicider. Pourtant son financé est venu de Moscou et il a discuté avec elle parce qu’il voulait rompre, et ça n’a rien donné. Je me rappelle un soir venu chez elle avec un camarade ; elle habitait dans une chambre d’une résidence pour jeunes filles ; je m’enquis d’elle comment elle va ; elle nous répondit qu’elle va se suicider. Elle nous l’a dit très froidement sans l’ombre d’une crainte comme si ce n’était rien, tout à fait normal.
Comme on l’a vue, elle était presque sereine. Et effectivement, comme on l’a quittée je crois vers 9 heures du soir ; on était parti moi et mon camarade dîner dans un restaurant ; au retour vers 11heures 30, nous sommes passés la voir.
Avant d’arriver à sa résidence, nous vîmes beaucoup de filles et de gens entourées un objet devant la porte d’entrée ; avant même d’arriver, j’ai aussitôt pensé que c’était elle ; en effet, elle était morte ; elle gisait sur une sorte de cercueil en bois. On est remonté dans sa chambre ; les filles nous ont montré une sorte de corde tressée pour femme accrochée au plafond.
Point besoin de la suite des événements. Que s’est-il passé dans le cerveau de la suicidée ? La jeune fille était plus une jeune femme et donc était consciente de ce qu’elle faisait.
Il n’y avait aucune crainte sur la décision qu’elle avait prise ; on ne pouvait pas le croire lorsque on l’a vu cette soirée ; il était évident qu’elle a médité en soi pour prendre cette décision.
Et vous dîtes, babelouest, » méditer sur « soi » n’a guère de sens, ce ne serait que du temps perdu !« , c’est juste et s’applique pour elle. Mais sur le refus de méditer pour elle, il reste qu’il y a »une pensée qui sous-tend ce refus de méditer« . Pourquoi ?
Parce que une pensée en amont en elle lui a ordonné de mourir, et elle devait le faire parce que sa mort serait pour elle une délivrance. Et il n’y avait pas d’autres pensées pour remettre en cause cette pensée ; et surtout que la jeune fille qui disait à tous qu’elle va se suicider comme si c’était un acte normal suite à sa rupture avec son fiancé.
Il est clair qu’il y avait absence de méditation chez cet être ; et aucune pensée n’est venue remettre en cause la pensée de mort qu’elle a prise normalement.
Et, dans cet exemple, il y en a des milliers et milliers à travers le monde, qui nous fait dire que nous sommes commandés par nos pensées. On croit penser et seulement on le croit ; et méditer aussi ; et les psychologues, les thérapeutes essaient de soulager les êtres »frappés par le vide intérieur", surtout s’il est réellement handicapant spirituellement.
Apprendre à penser, à méditer sur soi, c’est très important pour comprendre son existence. C’est en quelque sorte faire parler la pensée en rapport à l’intérêt de vivre le plus harmonieusement possible. Le mal certes existe, mais il faut le transcender dans le bon sens.
