Commentaire de Nocteau
sur Les Anciens Druides : historiologie
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@Eric F. Merci pour votre retour.
J’ai déjà entendu dire des animistes/polythéistes/« païens » contemporains, qu’il est possible que, si le christianisme n’avait pas renversé la table européenne, nous priions tout de même aujourd’hui dans des cathédrales... en ce sens que les technologies romaines se seraient diffusées, que les eaux sacrales sont préchrétiennes (récupérées par le baptême, normalement une institution baptiste, puisque Jésus est censé venir « baptiser » avec le feu de l’esprit selon les évangiles), et que les savoir-faire ont toujours été très valorisés (l’histoire des « épées magiques » vient d’épées forgées dans du métal météoritique depuis l’âge du bronze, ayant passé de mains en mains victorieuses, etc.) de sorte qu’on aurait fort bien pu concevoir, durant ces siècles, un art gothique non-chrétien. Je précise que les animistes que j’ai entendus parler ainsi, étaient fort renseignés.
A propos des Dieux & Déesses, de la « coquille vide », il faut d’une part comprendre que les anciennes coutumes ethniques européennes, étaient des cultes sociopolitiques. Evident à Rome et en Grèce pour les sources historiques, et valable ailleurs pour les groupes protohistoriques (c’est-à-dire dont témoignes lesdites sources historiques qu’ils n’ont pas eux-mêmes formulées). Au-delà, il faut dire qu’il ne nous reste rien de la mythologie antique, que l’interpretatio romana qui ne nous raconte aucune aventure divine. On devine Lugus derrière Mercure (mentionné comme le premier des Dieux), Ogmios derrière Mars, Brigantia derrière Minerve, Taranis derrière Jupiter, Belenos derrière Belenos... en plus d’un mystérieux Dis Pater, d’un Esus, d’un Teutates, d’un Cernunnos et d’une Epona — récupérée par les Romains (qui n’avaient pas de culte chevalin comme elle). C’est le comparatisme insulaire, qui permet certaines spéculations voire remise en question. Par exemple, il y a d’autres candidats pour Belenos, tels que Maponos/Mabon/Oengus. Belenos, l’étymologie nous apprend qu’il signifie moins le brillant (comme Apollon) que le puissant, encore que ça se laisse rattacher à la brillance symboliquement ; mais la même étymologie renvoie à un Bile, père des Gaëls, en Irlande, sachant que Bile est aussi le nom pour l’arbre tribal/axial/cosmique : Belenos devient soudain beaucoup plus radiciel que d’autres Dieux. Et on spécule : le Dis Pater ? Gérard Poitrenaud veut que le Dis Pater soit Cernunnos plutôt. Etc.
Je renvoie vers le site mentionné, d’où vient l’article : Druidisme.eu — je suis en fait bien l’auteur de cette version (très) réorganisée et étoffée de l’article, dont le site dit qu’il est basé sur un certain état de la page Wikipédia de Druide (j’ai essayé de valoriser mon travail là-bas, mais ne suis tombé que sur des vandales, ce qui est un comble, pour une encyclopédie menacée de vandalisme par n’importe qui ; et je dis que les vandales sont maintenant aux rennes de cette machine. Passons).
