Commentaire de Nocteau
sur Les Anciens Druides : historiologie


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Mervis Nocteau Nocteau 23 juin 2025 11:09

@Laconique. Mmmh, disons que c’est parce que vous me trouvez tel, que je vous suis sympathique. Ce n’est jamais désagréable, d’être sympathique à quelqu’un. On observe, il est vrai, que les lettrés ont tendance à être (rangés du côté des) réactionnaires, d’ailleurs : c’est qu’ils sont en mesure de réagir à leur époque, du moins par l’esprit. Et c’est d’ailleurs parce que ce seul esprit  rien que cet esprit  est désagréable au bourgeois (par quoi il faut entendre, aujourd’hui, la majorité de la population, urbaine et embourgeoisée, quand même partie des « classes populaires ») que le bourgeois (en l’occurrence : celui qui en a les moyens) évinça progressivement les lettrés de l’arène public. Je n’ose pas appeler cela progressiste en ce qui me concerne ; en ce qui me concerne, le progrès serait justement que le pluralisme (redéveloppement du temps d’antenne des oppositions, fin des algorithmes valorisant uniquement « le populisme socioéconomique »  c’est-à-dire la vulgarité, qui touchant plus de monde s’avère plus rentable...) et donc l’intellectuel, retrouve sa place dans le débat public. Le dernier fameux intellectuel en date fut Sartre ; c’est dire où le niveau était déjà tombé le caniveau, encore que j’ai aimé explorer son ontologie. Ou bien, modestement, Michel Foucault ; Michel Foucault est à la mode souterraine pour deux raisons : la première, la moins bonne, est sa participation à une certaine French Theory (mais elle est involontaire, comme tout French Theorist il n’a été qu’enrôlé par le French Theorism de campus états-unien) ; la seconde, la meilleure, est sa valorisation de « l’intellectuel spécifique » connaisseur d’un domaine dont il s’est fait cause, à l’heure de l’hyperspécialisation : cet intellectuel spécifique n’a évidemment rien à voir avec la figure de « l’expert », qui n’est qu’un pseudo-intellectuel de seconde zone, bourgeois bien rémunéré pour ne rien savoir sur à peu près tout et son contraire, avant tout rhéteur dont la rhétorique sert ce qui se prétend faussement progressiste aujourd’hui. Pour ma part, donc, je suis un partisan du progrès réel ; cela s’appelle progressiste, certes pas dans les termes publicisés (on n’ose plus dire simplement « publics », quand on a compris à quel point cela dépendait desdites « expertises » ès vanités du moment).

@Gollum. Pour le coup, @Laconique est à l’image de l’opinion agoravoxienne, qui elle-même est à l’image du pays, je trouve. C’est-à-dire que l’époque est au « scientisme vulgaire » ou « commun », de par la sécularisation/laïcité sociale. Ou bien, au post-encyclopédisme d’un militantisme post-illuministe (d’après les Lumières) dont les adultes d’aujourd’hui ont encore largement soupé à l’école. Quant à l’avenir, je pense qu’il changera rapidement sur ce point, encore qu’il en provienne, à savoir un zététisme réseautique, adapté au transculturalisme sociétal, où l’Occident prétend se dépasser post-colonialement, alors qu’il ne fait qu’entrer dans sa phase mémétique ultime, où l’occidentalisme devient l’unité idéologique minimale des personnes désireuses d’étendre le domaine de ladit bourgeoisie au monde entier, encore que les classes sociales ou du moins les CSP sectorisent fatalement le « parc humain » (comme dit Peter Sloterdjik ; on n’ose plus parler de société, évidemment, à ce stade des « démocraties (supposées) libérales »  sûrement pas libérales au sens de Leo Strauss, par exemple, donc encore moins d’ *Aristoclès d’Athènes alias Platon).
L’amour christique ne peut être qu’un piège, puisque le Dieu exclusif dit : « Je t’ai créé libre, sois donc libre, mais à ne pas aimer, je te haïrai dans la mort peut-être éternellement, or je te dis cela par amour, c’est quand même pour ton bien que tu as plutôt intérêt à m’aimer, du coup, selon les conditions de ce petit jeu malsain que j’ai mis en place. » Cela vient de ce que ce Dieu, indifférencié, est confondu avec le Sort. Le Sort, en effet, peut symboliquement être dit « joueur, metteur en place » et « nous aimant » car nous en sommes partie : « il » nous désire, le réel, dans sa contingence, nous désire, tant que nous y sommes ! et pourtant, il nous est « un parâtre », pour le meilleur et pour le pire, puisqu’il est le Sort. Les chrétiens disent : « ce que Dieu donne, Dieu le reprend » et ainsi de suite mais, au fond, je doute que leur théologie vaille quelque chose, et ils ne s’en tirent que d’un « il est grand le mystère de foi » ou encore mieux, comme lançait Tertullien, « je crois parce que c’est absurde ». Manifestement... Et pourtant, cette métaphysique personnifiant le Sort  et qui conduisit tant de gnostiques vers Abraxas, par-delà Bien et Mal  donne du grain à moudre, et rend intelligent en conséquence, quand on veut y raisonner théologiquement, encore que ce ne fût pas son but, enfin pas à ma connaissance, quand tout partait de l’interdit de manger du fruit de l’arbre de la connaissance... Donc plus qu’absurde : le monothéisme est bel et bien nihiliste, dans les termes de Friedrich Nietzsche, encore que Nietzsche nous enseigne bien qu’il faille discerner entre le principe dynamique du truc, et ses réalisations parfois admirables, telles que je viens, par exemple, de remarquer la valeur intellectuelle involontaire, d’une telle identification du Dieu exclusif au Sort. J’en ai même fait un docu-fiction, dans mon genre (encore que ma réflexion y fut plus verte).
Enfin, je vous assure que nos dis/similitudes ne m’intéressent pas, tant qu’elles ne sont pas l’occasion de deviser en substance. C’est notre amitié, qu’il m’intéresse de cultiver, et non le narcissisme de nos petites différences (ou ressemblances). C’est mon côté cicéronien, d’ailleurs mis en avant au lien précédent.


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