Commentaire de jakem
sur Fidèle, fidèle...
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@jakem
( suite 1 )
Prenons par exemple, parmi tant d’autres, ce merveilleux début de sa fable sur le héron :
Un jour, sur ses longs pieds, allait, je ne sais où
Le héron au long bec emmanché d’un long cou.
Il côtoyait une rivière.
L’onde était transparente ainsi qu’aux plus beaux jours ;
Ma commère la carpe y faisait mille tours
Avec le brochet son compère.
Tout respire la grâce, la vivacité, l’élégance dans ces vers irrégulièrement distribués sur la page, d’où leur caractère presque tangible et leur tonalité conjointe à leur appréhension immédiatement visuelle. En procédant avec une économie de moyens qui élimine toute scorie, La Fontaine purifie la langue pour en extraire la quintessence. Voyez le héron : il est résumé d’un seul trait qui réunit la forme élancée du corps et le mouvement, tout en impliquant la saison et le lieu où se déroule l’historiette. C’est le comble de l’art classique : rien de trop, et rien ne manque. Tout est juste. On ne peut ni ôter ni ajouter un mot.
