Commentaire de jakem
sur Fidèle, fidèle...
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@jakem
( suite 10 ) C’est ainsi qu’en 1814, dans ses Carnets, Joseph Joubert écrit : « Notre véritable Homère, l’Homère des Français, qui le croirait ? C’est La Fontaine. » En 1838, Sainte-Beuve reprend la formule. En 1853, dans sa thèse sur La Fontaine et ses Fables, Hippolyte Taine la reprend à son tour, et il explique qu’il est notre Homère parce que ses Fables « sont notre épopée ; nous n’en avons point d’autre », qu’il « est universel comme Homère » et que « nos enfants l’apprennent par cœur, comme jadis ceux d’Athènes récitaient Homère ».
C’est que, par ses Fables, La Fontaine efface la coupure entre l’Ancien Régime et la Révolution et qu’il rassemble la France dans toute son histoire. Après la littérature du XVIIIe siècle, siècle des philosophes, les Fables de La Fontaine renouent avec l’esprit poétique de la Renaissance et de l’âge baroque, offrant de surcroît une image idéale de la langue française, à la fois souple et rigoureuse, gracieuse, policée, chatoyante et sensible, comme un miroir où la nation pouvait se contempler. Cette vertu lui demeure consubstantielle, à preuve les Fables que les enfants continuent d’apprendre à l’école, et la fascination qu’elles exercent toujours sur le public qui aime à les entendre lues ou récitées sur les planches.
