Commentaire de Najat Jellab
sur Émeutes du PSG, extrême droite : ce que Hegel m'avait appris à lire dans la France dès 2002
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Pour répondre globalement à vos différents commentaires et tenter d’élever le débat au-dessus de nos désaccords, il me semble que vos interventions touchent toutes à une même question philosophique : celle de la nature de l’autorité de l’État. On s’enferme souvent dans l’idée que la liberté commence là où l’État s’arrête, faisant de toute autorité une contrainte qu’il faudrait soit combattre, soit restaurer par la force. Or, pour Hegel, c’est l’inverse : la liberté réelle et concrète ne s’accomplit que dans et par les institutions de l’État (l’école, le droit, les services publics) qui transforment l’individu isolé en citoyen. Dès lors, la multiplication actuelle des dérives sécuritaires et des violences ne prouve pas qu’il faut « plus » ou « moins » d’autorité, mais documente l’effondrement éthique de notre modèle. Lorsqu’un État perd sa substance — c’est-à-dire quand ses institutions ne garantissent plus la reconnaissance mutuelle —, il se vide de son concept et sa légitimité se dégrade en simple pouvoir policier ou managérial. Ce n’est pas la liberté qui est le cancer de l’autorité, c’est la faillite de la Sittlichkeit (la vie éthique) qui force le pouvoir à maintenir un ordre abstrait par la contrainte. Ce que nous vivons aujourd’hui n’est ni un excès de démocratie ni un simple besoin de discipline, mais le symptôme féroce de la décomposition d’un monde : un État qui ne produit plus de liberté collective n’est déjà plus un État, mais un appareil de coercition voué à être dépassé par l’Histoire.
