Commentaire de Octave Lebel
sur Ode au Capitalisme : La main invisible qui a sauvé l'humanité de la misère et de l'État
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@complément
→ Un travail qui n’épuise pas le sujet mais qui débroussaille et stimule la réflexion : Les désillusions et la décomposition du capitalisme mondialisé (publié le 13/04/2024 par Laurent Ottavi Elucid).
https://elucid.media/politique/les-desillusions-et-la-decomposition-du-capitalisme-mondialise
Extraits : « En dépit de son génie d’adaptation et d’heureux renforts, incertains, mais possibles, de technologies ou de ressources, le capitalisme n’en demeurerait pas moins insoutenable pour trois autres causes au minimum. » « La première est une saturation sociale. Les inégalités économiques et toutes les autres (de logement, de transports, etc.) s’accentueront dans un contexte de pénuries et de réchauffement climatique et il sera de plus en plus difficile d’indemniser les plus touchés. D’autre part, quand bien même ces défis seraient neutralisés par des découvertes allant dans le sens du capitalisme, celui-ci n’en continuerait pas moins de produire de l’injustice croissante. »
« La seconde limite du capitalisme, trop négligée, est une saturation psychologique. Fondamentalement autodestructeur, il ne sape pas seulement les conditions du bien-être qu’il promet et de l’habitabilité de la planète en surexploitant les ressources, en polluant, en saccageant la biodiversité et en détruisant les forêts et les océans, poumons de la population mondiale. Il fait aussi table rase des traditions et des cadres particuliers d’appartenance (famille, quartier), ou les recompose à son avantage, car ils sont des obstacles à sa marchandisation du monde, et il abîme ainsi les fondations de l’être-ensemble sans lequel il ne peut exister, car il ne produit pas, pour sa part, de lien social digne de ce nom. »
« La dernière des trois causes de l’insoutenabilité du capitalisme est d’ordre culturel. Le mouvement d’unification marchand du monde et d’extension du soi-disant « american way of life », contre la diversité des traditions, des cultures et des langues, s’est doublé d’une fragmentation de la planète — la multiplication des frontières, visibles ou invisibles et des murs, la poussée des communautarismes et des identitarismes —, un processus qui s’accélère. Des religions se réaffirment sous leurs traits les plus dogmatiques et intolérants, des hindouistes en Inde aux orthodoxes israéliens en passant par les islamistes et les évangélistes américains. Elles offrent des repères dans le désordre du monde et une partie d’entre elles exploite le ressentiment contre les Occidentaux générés par leurs guerres, leurs firmes transnationales et leurs modes de vie. La standardisation et la sécularisation du monde par le capitalisme butent, en somme, sur des résistances et des résurgences censées appartenir au passé du point de vue du libéralisme moderne. Elles lui rappellent l’indispensable besoin de racines, de sacré et de spiritualité dans le cœur des hommes. »
