Commentaire de Luniterre
sur Le banco-centralisme selon Charles Sannat : « De toute manière Sainte Fed et Sainte BCE et sainte Bank of England interviendront »
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@Étirév
Votre message de 13:28 h est un excellent récapitulatif historique de l’histoire des banques et des banques centrales, avec toutefois précisément une « confusion », et historique également, sur leurs rôles réciproques. A l’origine, les banques centrales sont formées essentiellement comme des « chambres de compensation » bien nécessaires pour réguler les échanges commerciaux et les transactions financières qui allaient avec.
En fait il semble même qu’elles se soient formées, surtout en Hollande, à partir des chambres de compensation commerciales préexistantes. Évidemment, encore aujourd’hui, elles ont conservé ce rôle à l’égard essentiellement des transactions financières, même si elles ont formellement délégué une partie de ce job à des organismes « accrédités » par elles.
Néanmoins, à travers leurs périodes de « nationalisation » la plupart des banques centrales se sont détachées de leur dépendance au secteur privé pour devenir ensuite un secteur « en soi et pour soi », ni réellement « public », car devenues statutairement indépendantes des États, ni juridiquement « privées », car ne répondant pas aux critères légaux des entreprises soumises aux lois du marché.
C’est donc par contre tout à fait une « zone de non-droit », puisqu’il n’y a personne au dessus d’elles, comme recours, jusqu’à présent : elles ne peuvent être « jugées » qu’en fonction de leurs propres « statuts », élaborés comme une forme de droit en soi et pour soi, et sont donc de ce fait « juges et parties ». La pitoyable « cours de justice européenne » n’étant finalement qu’un appendice ad hoc du système, en UE, par exemple.
Il y a donc trois temps dans l’histoire des banques centrales et du banco-centralisme :
1 _ la période de formation, essentiellement comme organismes de droit privé et principalement comme chambres de compensation.
2 _ la période « nationale », essentiellement après la deuxième guerre mondiale, où elles sont encore au service du développement économique.
3 _ la période « autonome » où elles acquièrent leur « statut d’indépendance » et forment une bureaucratie financière dominant le monde en manipulant les taux et la circulation de la dette.
Ces trois étapes varient selon les pays, et certains, comme la Russie et l’Iran, en sont restés à l’étape 2, quoi que l’on puisse penser, par ailleurs, de leurs stratégies et politiques. C’est manifestement une des causes essentielles des guerres actuelles : le banco-centralisme implique la soumission mondiale à l’hégémonie de la dette.
Ce qui n’empêche pas, non plus, des rivalités, au sein du système, entre pôles bancaires « centraux » des zones d’influence monétaires : dollar, yuan, yen, livre, euro...
Luniterre
