Commentaire de Luniterre
sur Le système socialiste chinois à l'épreuve : le marxisme à l'oeuvre


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Luniterre Luniterre 23 août 12:44

@Decouz

@Gollum

PS à mon précédent post >>>

Si l’on veut vraiment approfondir, il faut revenir à l’origine du maoïsme, qui est une « hérésie » quasi totale par rapport au marxisme, mais qui s’est naturellement imposée dans les conditions concrètes de la Chine de l’époque, avec une masse « continentale » de paysannerie pauvre et seulement quelques îlots de développement industriel, massifs, mais très localisés et surtout autour de Shangaï, pour l’essentiel. La force de Mao c’est d’avoir anticipé l’échec de la révolution prolétarienne industrielle proprement dite et d’en être revenu aux « jacqueries à la chinoise », déjà dotées d’une forte tradition depuis la « révolte des Taiping ».

En reprenant les villes en 1949 il s’est en fait allié aux restes de la dite « bourgeoisie nationale » encore restée sur place et qui a donc « trouvé place » dans la hiérarchie du PCC, avec notamment Rong Yiren comme cas « exemplaire ». et largement protégé, même dans les périodes de répression violente

Cultural Revolution

 « During the Cultural Revolution, he was denounced as a « capitalist ». He lost a great deal of his personal wealth and was the target of death threats from the Red Guards, radical youth organizations aligned with the new social and cultural policies of Mao Zedong. In a situation typical of disgraced government officials, entrepreneurs and intellectuals during the Cultural Revolution, Rong was given a demeaning job as a janitor. However, he and his family received protection from Zhou Enlai from persecution from the Red Guards. As Rong was not a Communist party member at the time, Zhou was not able to obtain approval from Mao Zedong to protect Rong officially. Instead, Zhou coordinated with Chen Jinhua to place Rong’s mansion under the control of Red Guards affiliated with the Ministry of Textiles, who were deeply sympathetic to him and protected him from other Red Guard factions.[5] »

https://en.wikipedia.org/wiki/Rong_Yiren

En URSS la Chine de 1949 et années suivantes n’était donc pas du tout considérée comme un pays socialiste mais comme une démocratie populaire de type national bourgeois, anti-impérialiste, ce qui était une évaluation assez réaliste.

Il y a eu ensuite une sorte de « lune de miel » entre Khrouchtchev et Mao, mais qui n’a pas duré très longtemps, chacun voulant se poser en leader des bourgeoisies nationales naissantes dans le tiers-monde, même si sous couvert de vocabulaire marxisant et socialisant.

Le « socialisme », en Chine comme ailleurs à cette époque, est essentiellement resté une affaire de vocabulaire, où chacun disputait des « nuances idéologiques », contradictoires, certes, mais sans grand rapport, sinon aucun, avec la vie sociale réelle sur le terrain.

Le moins décalé entre la réalité et le propos était Fidel Castro, malgré tout ce que l’on peut en dire, ce qui explique sa longévité et la survie de son régime, jusqu’à un certain point, et surtout assez « économiquement » héroïque face à la répression et au blocus US.

Bref, même si l’on se veut « de gauche » ou même précisément « marxiste », il n’y a pas besoin de mettre du Marx ou du « socialisme » là dedans, il suffit d’analyser la réalité historique et économique et de resituer l’évolution de chaque pays dans le cours de l’évolution globale de l’économie mondiale.

A l’heure de la robotisation de l’industrie, l’heure du prolétariat industriel est déjà quasiment passée, et avec elle l’heure du « socialisme », et surtout selon la définition précisément marxiste du terme...

Mais la réalité du vocabulaire usuel, que ce soit du point de vue des classes sociales exploitées ou des classes dominantes manipulatrices, est nécessairement en retard de plusieurs décennies, ce qui est surtout commode pour ces dernières, et ce qui contribue donc à faire perdurer ce phénomène de décalage et de retard.

Il me semble que l’intérêt du débat est donc plutôt de dépasser le formalisme de ces « querelles sur le sexe des anges » et de tenter de cerner au plus près les évolutions économiques et sociologiques de notre temps et de « recadrer » en quelque sorte la validité, ou non, et généralement plutôt non, du propos idéologique des uns et des autres.

Une alternative politique et économique durable ne se construit pas en ressassant les idéologies nées de rapports de production appartenant déjà au passé mais en faisant une analyse des réalités caractéristiques de notre époque.

La Chine est en train de vivre l’acmé de son développement, relativement comparable à nos « Trente Glorieuses » mais elle suivra également, et elle commence déjà à suivre, en fait, une pente assez comparable, ensuite, au reste des économies industrielles, et donc elle ne présente en rien un « modèle » qui soit une alternative face aux défis existentiels actuels de l’humanité, et elle ne le prétend d’ailleurs pas vraiment : elle profite simplement et assez logiquement de son rayonnement pour améliorer sa position géostratégique.

Accessoirement elle profite de l’effort de « petites mains » et/ou « petites plumes » comme celles de pseudos- »politzer » et consorts pour y contribuer.

Luniterre


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