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Commentaire de Philippe Boisnard sur Après le typhon numérique, le monde de l'édition littéraire se reconstruit - AgoraVox le média citoyen

Commentaire de Philippe Boisnard
sur Après le typhon numérique, le monde de l'édition littéraire se reconstruit


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Philippe Boisnard (---.---.147.246) 22 mars 2007 17:09

Beaucoup de problèmes dans cette fictions, certes attrayante. La question de la littérature n’est pas seulement une affaire de goût et de rentabilité, n’en déplaise à l’auteure de ce texte.

Mais faut-il s’intéresser à la littérature.

De plus il y a une analogie avec la musique et l’image qui ne fonctionne pas, au sens où le support est très prégnant au niveau de la lecture livre : à savoir la qualité lumineuse de l’inscription sur papier n’a strictement rien à voir avec celle d’un écran. Etant arrivé, en tant qu’écrivain très rapidement sur les écrans (1989) et sur le net (1997), que je sache, autour de moi, personne ne lit des livres entiers sur écran. J’ai bien quantité de textes sur mon ordinateur, mais ce n’est jamais pour les lire en totalité ou les découvrir, cela sert à mes recherches, à écrire des articles, en bref il y a transformation de la chose : du littéraire, elle devient document. De plus, n’oubliez pas que la littérature (celle qui fait littérature, et non pas le roman de gare, ou l’écriture sacrifiée, sans style) existe aussi par un réseau de petits éditeurs, qui malgré leur petit tirage [200-2000], pourtant permettent aux textes, sans doute classique de demain, d’apparaître. Nombre des classiques d’aujourd’hui ont suivi ce type de diffusion au tout début, voire même pour certain le compte d’auteur [Proust]. Par exemple sachez-le, Jarry dont on fête l’anniversaire, pour un livre comme l’amour absolu, n’a tiré que 20 exemplaires.

Votre fiction, si elle touche le produit commercial livre, ne touche pas la littérature. Vous êtes en fait symptomatique de toute la logique mercantile actuelle, sans réfléchir vraiment à l’ensemble du champ dans lequel vous vous impliquez. Je pourrai vous dire la même chose pour le cinéma, ou bien la musique : le vinil il faut le savoir existe et est encore produit, écouté, mixé, etc...

Autre précision : beaucoup de lecteurs de littérature ou de poésie, ou de philosophie écrivent sur leur livre, tissent leur pensée avec celle des autrs auteurs. De m^me vous oubliez qu’un certain nombre de lecteurs, et parmi les plus gros, adorent les bibliothèques chez eux.

Si le numérique concerne bien le livre, et certaines dimensions du livre au niveau de sa diffusion, etc... ce sera directement par le déplacement médiumique : l’audiolivre comme au Canada, dont les entreprises font environ 400% de chiffre d’affaire en plus par an. Car ceux qui n’aiment pas les livres, c’est qu’ils n’aiment pas lire, et qu’ils recherchent d’autres manières d’avoir accès au livre.


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