Commentaire de Prosope
sur La cabane au Canada


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Jean-Louis Lascoux Prosope 12 juin 2006 10:00

Bonjour,

Avec le « plaider coupable », c’est reconnaître que la version de l’accusation est valable. Il apparaît que Nathalie Gettliff n’y est pas prédisposée. Elle n’estime pas être coupable de ce dont elle est accusée. Plaider coupable lui aurait probablement permis de sortir de prison (quoique cela ne soit pas dit), en échange de ses enfants... Ils sont en effet les objets de cette ’négociation’ rapport de force. Elle n’est pas prête a sacrifier la relation. Dans sa position de faiblesse, elle a choisi, selon ce qui est rapporté par la presse, de passer devant un jury populaire.

Dans cette situation, je pense au livre d’Erik Orsenna, « La grammaire est une chanson douce », qui présente la situation de deux enfants dont les parents sont séparés, l’un vivant en France (la mère avec ses enfants) et le père Outre Atlantique. Les enfants prennent l’avion pour aller en vacances chez le père...

Quoiqu’il en soit, je crois que dans le domaine de l’accord entre parents, le plus fort doit faire le plus d’effort. Quand on est le plus fort, on n’emprisonne pas la mère. On ne la disqualifie pas quand elle est animée par une telle démonstration affective. Quand on est le plus fort, on lâche courageusement, ce d’autant que les enfants ne sont manifestement pas en situation d’être menacés par l’éducation maternelle. On intervient. On parle si nécessaire. On dit...

Je ne donne donc pas raison ni à l’une ni à l’autre. J’invite ceux qui peuvent interférer à lâcher le rapport de force et à influencer, c’est vrai, le père, qui est en position de force, à faire preuve de sa force : à lui de faire le plus d’effort. Tous les efforts pour que ses enfants soient désormais les moins perdants possible. J’insiste : le plus fort doit parvenir à sortir des rapports de force.

C’est sur ce terrain de réflexion que l’intervention de médiation aurait dû et doit entraîner les parties.

Une séparation ne peut qu’impliquer de la souffrance. Mais pour ceux qui ne l’auraient pas en mémoire, je les invite à le lire le bouquin d’Orsenna sous l’angle de la médiation. Avec le monde des mots et leurs valeurs...

Quand bien même y-aura-t-il une décision judiciaire supplémentaire dans cette affaire, elle ne pourra que causer de la douleur. En aucune manière ça ne sera « justice ». Car le système judiciaire n’a rien à faire dans cette histoire. C’est comme si un chirurgien dentiste opérait pour une migraine causée par un stress...


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