Bien, maintenant que le guignol est peut-être couché, l’article proprement dit :
- La culture doit être accessible à tous. Elle, la culture, est de fait accessible à tous, partout et toujours. Encore faut il savoir de quoi l’on parle, car disons le tout net, si la culture n’a strictement rien à voir avec les artistes, elle a à voir avec l’Art.(vous aurez noté la majuscule)
- Déjà qu’en France, on n’a pas beaucoup de possibilités d’aller au concert ou au théâtre, à cause des prix très élevés... Voir point 1.
- J’en ai marre qu’en France les artistes ne parlent que du fric. Il y manque un truc essentiel : les contadicteurs des artistes, eux aussi ne parlent que de fric. (réponse du diable : ...parlez en, en bien, parlez en, en mal,mais pourvu qu’on en parle)
- Et il faut attendre longtemps, pour lire l’essentiel au sujet de l’Art : ..car l’art nous rend meilleurs... .
Voilà qui est essentiel. Car qu’est ce que l’Art, sinon la traduction dans notre monde du Beau. Comme le Beau est certainement très loin des préoccupations mondaines de notre temps (un simple regard sur ce qui nous entoure, une simple écoute du bruit CD suffit à nous le faire comprendre) ...on va éviter d’en discerter.
Pourtant cette notion discrédite à elle seule, tous mondrian, picasso et j’en passe, comme les « conceptuels » qui ne sont compris que d’eux même, suivez mon regard.
Le mot grec « techné », qui signifie technique, métier, art correspond exactement à la définition de l’Art. L’Art est d’abord une discipline de métier. Un homme d’Art est un homme de métier. C’est valable depuis la période grecque jusqu’au Moyen-Àge. Il va falloir attendre la Renaissance pour voir naìtre une révolution : l’art individualiste (ce qui est par définition ...la mort de l’Art).
Avant si l’on construisait une bâtisse, on le faisait avec Art, c’est à dire en exerçant un Métier qui impliquait une discipline et qui tendait vers la perfection du geste, vers la perfection de la traduction du Beau (cf. Plotin) dans notre vie. Notre vie cette vallée de larmes !
Mais alors ou trouve t’on ces Artistes ? Dans les salons mondains ? Mon cul ! On les trouve aujourd’hui dans ces petits ouvriers d’usine, qui répètent mille fois le même geste depuis 20 ans, mais chaque jour avec un pas de plus vers la perfection. Un mécano, amant de son métier, de son Art, est plus artiste que n’importe quel artiste de salon. De plus il en vit, de son métier, de son Art et il en fait vivre les siens.
Une Laurie dans ce contexte peut-être plus méritante qu’une La Callas qui avait peut-être un don au départ. Et encore, la comparaison ne signifie rien. Il ne faut pas la prendre au pied de la lettre. Cela signifie juste ce que m’a dit un homme de l’Art : tu grimpe la montagne, tu en chie pour grimper ; dès que tu arrive au sommet, tu jubile. C’est bien ! Mais si tu ne prend pas le temps de regarder autour de toi, tu ne verra pas qu’il faut redescendre dans la vallé pour recommencer à grimper la montagne suivante. Et tu ne reste alors un imbécile orgueilleux.
Quand à la culture, il n’y en à qu’une seule, qui est universelle :
la traduction du Bien, du Beau, du Vrai.
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