easy easy 17 octobre 2011 16:22

J’apprécie votre démarche.

Vous nous rappelez des cas remarquables afin de souligner l’intérêt à rester groupés, à ne pas nous diviser.

Il y a 100% de bonnes intentions dans votre démarche.


Mais distinguons deux choses. Il arrive qu’il y ait un gros problème commun à tous, en tous cas à un très grand nombre, (cas de la colonisation, cas du sel, cas des dictatures dures, cas des banques...). Et là il faut une réunion, il faut que les victimes s’unissent au moins sur ce problème.

Hormis ces cas bien spécifiques, il y a un gros problème permament qui pousse tous les gens des Cités au désespoir et là, il n’est pas utile de coaguler.

En ce moment, nous avons certes besoin de nous unir par exemple contre le système financier.
Mais attention, là où ça confine à l’utopie c’est que cette union, si elle permet de nous en défaire, ne permet pas poour autant d’accéder à une formule de remplacement meilleure. (On a vu les Lybiens à peu près unis pour virer Kadhafi, on les verra moins unis pour trouver une alternative)




Mais à part ça, nous souffrons tous, Liliane Bettencourt compris, de quelque chose qui peut se résoudre plus cultuellement et très simplement. 

Ce dont nous souffrons beaucoup depuis 3000 ans, dans les Cités, c’est que dès les premières attaques contre nous, elles sont totales, radicales. « T’es qu »une merde !" 

Liliane Bettencourt souffre énormément d’une attaque totale de sa fille. Ce que dit sa fille Françoise pour attaquer Liliane est très comparable quant au mode d’action à ce que font tous les ex conjoints quand ils cherchent à attaquer l’autre par le biais de la justice (Justice officielle ou justice de rue). Françoise dénonce tout ce qu’elle peut sans jamais accorder de grâce à sa mère. Déni total des bienfaits. Ce qui revient exactement au même que de vouloir priver totalement d’oxygène celle qu’elle attaque.

Depuis la nuit des temps et hormis les cas de Justice par ordalie ou duel, la justice (officielle ou de rue) a toujours obligé, accepté, voulu, que ressorte d’un côté un ange, de l’autre un démon.

Comme jamais la Justice n’a interdit à un dénonciateur de faire feu de tous bois et d’être donc totalement partial, tous les accusés (et nous savons tous que nous le sommes potentiellement ) ressentent qu’en cas d’attaque ou dénonciation, elle sera sa merci, sans partage, sans équilibre.

Heureusement, la Justice sait tout de même équilibrer mais elle n’interdit pas les attaques totales donc les abus de la part des attaquants ou dénonciateurs. Et elle ne s’interdit pas du tout de diaboliser. Rarement, très rarement, elle finit parfois par punir un peu l’accusateur trop abusif mais la plupart du temps, elle écoute sans broncher les accusations absolues.


Ainsi, Françoise Bettancourt se sent le bon droit de tirer tout ce qu’elle veut sur sa mère sans lui céder ou reconnaître la moindre grâce. Aucun de nous, pas plus les juges que nous, les badauds, ne protestons contre cette attaque totale qu’entreprend Françoise




Et bien ce côté « attaque ou dénonciation » totale, sans partage, sans merci, nous hystérise.

Nous devrions comprendre que cette hystérisation due aux possibilités d’être considéré comme un démon, nous rend très agressifs, paranos et désespérés.




Pour ma part, j’ai toujours été sidéré de voir qu’un roi ou un chef vainqueur de son ennemi, lui faisait subir les pires supplices.
J’aurais très bien vu qu’Edouard Ier, vainqueur de Braveheart, aille à considérer le courage de ce dernier et trouve un moyen de le conserver dans une formule de réconciliation. Mais non, alors qu’il avait à sa botte un ennemi doté de qualités extraordinaires, il en a fait un démon et l’a supplicié.

Au lieu de viser la réconciliation, l’homme des Cités ne vise que l’élimination.



Churchill, du point de vue de Gandhi, pouvait très bien être diabolisé (d’autant que Winston n’accordait vraiment rien à ce « singe nu »). Il y aurait donc à reprochjer à Winston, surtout grâce au recul historique, d’avoir été trop autoritaire, prétentieux et raciste. Mais c’est également grâce à son caractère plutôt entier, qu’il a convaincu les Anglais de ne rien lâcher aux Nazis (Il y avait des chemises Brunes en Angleterre aussi. Le positionnement fermement anti nazi n’allait donc pas de soi à l’époque)

Au global de WC, personne ne devrait le jeter entièrement pas plus que de le louer entièrement. Pas ange pas diable, humain c’est tout. Et humain en accord avec son contexte.



Nous ferions un très grand progrès en termes d’espérances, nous pourrions même réduire à zéro nos pensées suicidaire ou exterminatrices (les deux sont aussi liées que le sont l’amour et haine) si nous décrétions tout simplement et sans la moindre dépense, que désormais, on n’accusera jamais quiconque de malfaisance (sur tel ou tel point alors) sans exposer automatiquement, systématiquement ses grâces.

Le rejet total, intégral d’un individu devrait nous apparaître comme un non sens, comme un délire ou une hystérie.



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