« C’est un exemple éclairant de cette tendance consistant à multiplier les échanges parce qu’en profondeur, ils ne renvoient plus à quoi que ce soit d’authentique. Lorsqu’on se sert ainsi de son portable, stimulé par la présence des autres à côté de soi, et qu’on leur impose des récits dont l’impudeur ou le dérisoire sont la marque, je ne peux pas croire qu’on ait la prétention de nouer un dialogue. »
Je vous plains.
Personne ne vous oblige a écouter ces conversations. Si cette personne avait un interlocuteur physique, auriez vous ressenti la même gêne ? Cet article est très « parisien » je trouve. Je dis cela dans le sens où c’est une ambiance assez individualiste où tout le monde se déplace dans le même wagon, mais où tous les croisements de regards sont évités.
La peur de se différencier de la foule (du troupeau) fait que l’on doit chacun oublier que l’on existe à partir du moment où nous sommes entourés par des inconnus aussi inexistants. Et dès qu’une personne sort du lot, on se sent gêné, agacé voir révolté de cette existence affichée. Au final, qu’est-ce qui dérange ? C’est le fait que l’on ait en face de nous une personne à l’aise dans ses pompes, qui n’a pas peur de vivre sa vie, et qu’en fait on envie.
Je suis né a Paris moi même, j’y ai grandi et vécu 26 ans. J’avais exactement les mêmes réactions que vous lorsqu’un groupe de personnes ou même une discussion au téléphone qui dépassait quelques décibels me fesaient hérisser le poil.
Lorsque j’ai déménagé vers la Côte d’Azur, j’ai pris une grosse claque par la vie. J’y prends aussi les transports... Sauf qu’ici, tout le monde parle et rit à voix haute, et la seule personne se trouvant gênée ...c’était moi :O). Ce n’est qu’arrivé ici que j’ai connu la belle sensation procurée par le sourire d’une personne inconnue, hé oui cela existe et ca fait du bien. Même chose dans les restaurants, les marchés, etc... C’est cela l’authenticité monsieur Bilger.
(Soit dit en passant, lorsque je vais au « pays » en Afrique du Nord, cette atmosphere est présente mais elle a l’air de couler tellement de source que je ne m’en rends pas vraiment compte.)
Les grosses agglomérations déshumanisent les gens, elles s’approprient et les vident de leur existence en les transformant en un troupeau de bétail où la moindre différence les expose à des reactions hostiles. Vous pouvez regarder un documentaire animalier pour vous rendre compte que ce n’est rien d’autre qu’un comportement de survie pour diminuer la probabilité de se faire bouffer par un prédateur.
N’en voulez pas aux autres de vivre pleinement leur vie. Apprenez à exister et à aimer vivre monsieur Bilger. Je ne peux que vous conseiller de voyager quelques années dans les pays du sud, et vous comprendrez que la tranquilité que vous recherchez est comparable à la sécurité que recherche un animal élevé en cage refusant sa liberté.
Concernant les commentaires sportifs, je suis assez d’accord avec le fond de l’article. L’ambiance du match, les bruits des ballons, des supporters et des joueurs me suffisent amplement. Surtout si c’est pour nous imposer des commentateurs médiocres et populos.
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