easy easy 15 mai 2012 20:15



«  »«  »« Nous ne pouvons pas continuer à vivre dans une société dominée par le Dieu argent et où l’humain ne compte pas  »«  »«  »

On l’aura entendue cette antienne

Mais elle a tout d’un voeux de conte de fées.

L’argent a toujours été très important. En particulier pour l’Espagne, la France, l’Angleterre, la Hollande, qui ont arpenté les mers et pillé le Monde pour s’enrichir


Heureusement, il a existé et il existe encore des recoins de la Terre où l’argent est ignoré. Ca nous prouve qu’en effet, il serait possible de s’en passer.
Mais que veut dire pour des Européens de brailler en 2012, après des millénaires de course au pouvoir, au luxe et aux trésors matériels de chanter maintenant que c’est affreux, inhumain ?

Ne fallait-il pas y penser plus tôt ?

Ne fallait-il pas renoncer aux études, aux diplômes, à la télé, aux voyages en avion, aux Ipad, aux parcs d’attractions, au Coca mélangé de vin avant ?



Qu’est cet immobiler espagnol dont on dit qu’il est maintenant surnuméraire et ne vaut soudain plus rien ? Qu’est-il sinon essentiellement de l’immobiler de loisir, en tous cas de l’immobilier conçu autour de projets balnéaires (qui, s’ils avaient eu du succès, auraient créé des emplois pour des travailleurs ayant besoin de logements de vie) ?


 
A Alméria, va savoir pourquoi, avait démarré un concept de cultures en serre. Il s’agissait de nourrir l’Europe en tomates, fraises et autres courgettes. Ca vaut ce que ça vaut sur le plan gustatif mais c’est sérieux, c’est du dur car produire de la bouffe c’est du dur. 
Alméria non seulement tient (sur la marché européen) mais se développe sans cesse.

Et si baisse de CA il devait y avoir, les investissement consistant essentiellement en des serres, ses promoteurs ne tomberaient pas de bien haut. 

Par contre, tout le long de son littoral, l’Espagne a été investie par d’autres promoteurs qui visaient eux, les loisirs, la bronzette (des Espagnols mais aussi des Européens des brumes)
Un peu comme nous avant Eurodisney qui avions multiplié les parcs de loisirs en surestimant de deux fois leur fréquentation et le prix du ticket moyen et qui avions connu une série de faillites (dont Mirapolis), ceux qui ont parié sur les plages espagnoles ont conçu des projets globaux allant de la plage aux hôtels de luxe en passant par des parcs de loisir et des logements pour les nouveaux personnels de ces stations géantes.
Que le crédit ait été pas cher et que l’Etat ait tout permis aura bien entendu favorisé ce jeu. Mais il ne faut pas pour autant omettre de considérer que ces parieurs ont été très, très optimistes sur le remplissage ou la fréquentation.


(La corruption, fatale lors de tous les emballements ou hystéries collectives, n’a rien arrangé mais elle n’est pas le coeur du problème. Les mafieux étant eux aussi très déçus que le casino s’effondre)

Tout se tenant en cohérence dans ce genre d’énorme projet, il aura suffit que la demande européenne ne puisse pas suivre l’offre pléthorique espagnole pour que tout le pays se grippe. Pas assez de logement touristiques vendus > pas assez de clientèle dans les parcs > pas assez d’emplois > pas assez de logements pour sédentaires vendus > effondrement de l’ensemble.

Et là, contrairement au système d’Alméria, la catastrophe est énorme en termes financiers et de nombre de déçus.

Et c’est maintenant qu’on se retrouve marri qu’on se met à réclamer plus d’humain ? 
Après avoir bétonné et polyestérisé tout le littoral ? 


Attendez, Boja, Diego, Elsa, Lila, si les Européens avaient bien afflué dans vos immenses stations balnéaires, vous auriez tous eu du boulot et du fric. Comme à Ibiza il y a 20 ans. Vous auriez tous fait la fête jusqu’à pas d’heure pour arroser votre réussite, non ? Vous n’auriez manifesté ni contre l’argent ni pour plus d’humain, n’est-ce pas ?


C’est votre projet balnéaire qui a foiré et qui a entraîné la faillite de tous les projets périphériques (dont l’immobilier non balnéaire). Et cette erreur de projection est de si grande ampleur que toutes les banques qui y avaient cru se retrouvent avec des hypothèques pourries. Elles sont à genoux ces structures financières que vous maudissez alors que leur seul tort c’est d’avoir été aussi optimistes que vous tous, de n’avoir pas su dire « Arrêtons d’accorder des prêts, la production est trop forte, le marché ne va pas suivre » 
Et si elles s’écroulent ces banques, même les braves d’Alméria vont en baver

C’est cela qu’il faut considérer. Sinon c’est du déni.



Cela dit, je suis moins inquiet pour votre immobilier surabondant que je le suis pour celui des EU trop souvent construit en bois. Le vôtre est plus solide et ne subit pas de tornades. Il peut attendre des jours meilleurs. 



Côté France, je ne relève pas de projet aussi énorme que nous aurions échafaudé en état d’euphorie et qui nous mettraient en pareille situation de danger. Notre grippage viendrait plutôt d’une absence totale de rêve.
Si nous faisions un jour une folie de grande envergure, ce ne sera probablement pas dans le domaine immobilier car je ne vois pas en vertu de quoi nous pourrions nous dire un beau matin « Construisons 1 000 000 de logements balnéaires, les étrangers accoureront nous les acheter »



 


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