Corinne Colas
19 octobre 2012 12:57
Je comprends votre déchirement ClairAnnEspoir mais vous vous méprenez sur le sens du discours.
"ne vous êtes vous pas dit que ce cas bien que grave est très isolé !?!"
Je me suis dit : « ce cas très isolé » devrait interpeller puisqu’il témoigne du champ des possibles et qu’il démontre qu’il n’y a aucun garde-fou ! On peut toujours s’indigner après coup... l’équipe médicale a travaillé sans obstacles.
L’innovation technique : 70 ans, le record, ok ! Quand est-ce que les médecins décideront d’arrêter la compétition ? Des « cobayes » bienveillantes, ils en trouveront toujours malheureusement ...
"quasiment toutes les cliniques ou hôpitaux qui pratiquent le don ne pratiquent pas et condamnent d’ailleurs ce genre d’agissement"
Au pays de « Oui Oui », certainement ! Et votre « quasiment » démontre la difficulté à présenter « un front uni ». Il y a toujours une brèche. Même en France, il y a des cliniques qui acceptent les FIV après l’âge légal sous prétexte toujours de « situations exceptionnelles ».
Le progrès technique permet des choses formidables. Après s’être s’extasié là-dessus, on peut aussi réfléchir à ce que l’on veut en faire. Nous avons pour habitude d’agir et de nous interroger ensuite à propos des conséquences d’une nouvelle technique au demeurant ni bonne ni mauvaise en soi. En général, c’est déjà trop tard : la société ayant muté, elle ne revient jamais en arrière. Qui arrête « l’invention du feu » ?
Entre condamner, empêcher ou encadrer, il y a des nuances importantes...
Concernant les cas moins isolés, les législations sont plus que disparates :
En France, la limite d’âge est réaliste pour recevoir un don d’ovocytes, en Espagne par exemple où c’est 50 ans, on peut considérer que c’est déjà préoccupant sur le principe même... Et les Françaises ou autres, trop âgées pour l’Espagne, n’hésitent pas à aller chez les Slaves pour obtenir une FIV. Sans aller en Inde, nous avons d’autres records : l’exemple de la Suissesse de 66 ans, l’Espagnole de 67 ans etc.
De plus en plus de femmes accusant la soixantaine (âge apparemment critique dans notre société) trouvent « normal » une possibilité de grossesse à leur âge. Seule une infime minorité (aisée) franchit le pas évidemment mais là encore... personne n’est en mesure de dire « stop, arrêtons-nous et réfléchissons ». Entre 40 et 55 ans, la procréation assistée est déjà devenu banale notamment aux USA. Avec en plus là-bas, le problème de la vente des ovocytes et du sperme.
La chute normale de la fertilité est devenue « injuste », la ménopause naturelle tout autant. Le fonctionnement normal du corps n’est plus qu’un vulgaire obstacle technique à surmonter quand il y a désir de grossesse. Le traitement n’est pas anodin, la question du devenir de l’enfant non plus, la femme âgée se revendique telle que les médias la façonnent, ... il y a bien un changement de société.
Doit-on faire n’importe quoi sous prétexte que la technique nous le permet ? Il ne nous est pas permis d’y répondre, les dés sont déjà jetés… Business is business !
Les femmes se sentent plus libres aujourd’hui mais nous n’avons jamais été aussi bien manipulées. L es seins se doivent d’être en silicone quand on est jeune et les mémés « attrapent » la maladie de la ménopause soignée à coups d’hormones. Le comble du modernisme, c’est désormais de faire un enfant sans père et à l’âge d’être grand-mère... telle la Suissesse de presque 70 ans qui a eu le package complet.
Ces cas « isolés » sont des équivalents de thermomètres de notre société. Les traiter par l’indifférence, c’est les cautionner. Ce qui est « isolé » aujourd’hui devient courant demain. (L’exemple des faux seins en témoigne rien qu’au vu du nombre de prothèses mammaires défectueuses en « circulation » et du scandale afférent, cela dépasse largement du cadre du remodelage à cause d’un cancer)
Dans le même temps, la réponse à l’augmentation réelle de l’infertilité pour les hommes et femmes en âge de procréer, ne devrait pas être seulement « technique de remplacement ». Outre l’aspect environnemental (par ex, personne ne s’étonne que les fleuristes femmes soient très touchées, c’est un comble), ce problème nous oblige à nous questionner... y compris sur un plan philosophique !
L’article ici évoquait la mémoire des gènes (sur un plan aussi symbolique car après tout, on fait dire ce que l’on veut aux gènes), du patrimoine partagé dans le cas d’un donneur, de son anonymat etc. On peut continuer sur d’autres aspects, cela ne remet pas en cause la FIV, ClairAnn !
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