gem (---.---.117.249) 4 septembre 2006 18:32

article interressant, bien écrit,

Je lui trouve néanmoins un vice fondamental : il semble qu’il prend le moyen (la démocratie) pour un but en soi !

Je prèfere de beaucoup la DDHC, article 1, 2, 4 et 16 notamment, qui méritent bien d’être cités (jamais trop) :

"Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression.

La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.

Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. "

Voilà, tout est dit. Faut-il nécessairement des « représentants ». Non, évidemment. Peut-on soumettre tout et n’importe quoi à la loi et au vote ? Non plus. Comme le rappelle Minijack, il faut surtout un système le plus décentralisé possible, le plus souple (et aléatoire !) possible, où personne ni nul groupe (même majoritaire !) ne puisse mettre en branle à son profit le réseau des pouvoirs.

Par ailleurs, les oppositions que vous soulevez « (sécurité/liberté, liberté/solidarité et liberté/ égalité) », sont symptomatiques. Elles sont classiques, mais les liens ne sont pas que d’opposition (par définition de la DDHC, pas de liberté sans égalité et réciproquement). Surtout, vous auriez tout aussi bien pu soulever les 3 autres contradictions du tétraëdre : sécurité/solidarité, sécurité/égalité et solidarité/égalité. Et pourtant, c’est sur la liberté que vous mettez l’accent... De plus, vous faites l’impasse sur la résistance à l’oppression et aussi la propriété, alors qu’en pratique c’est bien la pierre d’achoppement, le « scandale », du système : indispensable et pourtant toujours honni. Autre mot remarquable : « solidarité ». En 89 c’était « fraternité », qui évoque une interaction plus large et profonde, plus sentimentale, moins matérialiste que la moderne « solidarité ». Au fond, la « solidarité, c’est de la »sécurité sociale", c’est-à-dire une bète composante de la sécurité. L’importance de ce mot dans le vocabulaire politique moderne est assez symptomatique d’une certaine dégradation des idéaux...

Voilà de quoi méditer.


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