1er Contresens : les signes de la culture grecque (l’utilisation de la langue, la localisation géographique) suffisent à s’identifier à la philosophie platonicienne.
Dans ce discours, Benoît XVI ne s’attache pas aux signes extérieures de la culture et philisophie grecque mais à son contenu, son essence fondamentale (la raison) qui a nourri et intégré à travers notamment l’augustinisme puis le thomisme la culture chrétienne.
2e contresens : le Dieu des catholiques ne saurait être irrationnel.
La encore , il s’agit d’une déformation de la pensée de Benoît XVI . C’est parce que la culture chrétienne est nourrie de la philosophie grecque que l’acte de foi ne peut être réduit à un acte irrationnel.
« A partir de l’essence même de la foi chrétienne, et en même temps de l’essence de la pensée grecque, désormais fondue dans la foi, Manuel II a pu déclarer : ne pas accepter d’agir « avec le Logos » est contraire à la nature de Dieu. »
En cela Benoît XVI condamne le fondamentalisme religieux qui prétend réduire la foi à un acte mystique par une interprétation littérale des écritures.
Mais il condamne aussi les mouvements rationalistes qui réduisent l’acte de foi à un comportement crédule dénué de raison.
Il signifie ainsi aux catholiques que l’acte de foi est avant tout une démarche spirituelle , un acte de réflexion, un questionnement de la raison.
Je ne pense pas que la référence à Giordano Bruno soit ici un exemple très pertinent dans le débat.
En effet, l’Eglise a défendu dans cette affaire et dans celles qui ont suivi le géocentrisme de Claudius Ptolémée astronome et géographe grec d’Alexandrie dont la thèse même fausse n’était dénué de raisonnement.
3e contresens : Le catholicisme et l’islam
Je ne pense pas que Benoit XVI pose le débat à l’égard de l’islam en terme de supériorité intellectuelle d’une religion sur l’autre.
Au moyen age , l’islam a connu un important courrant de pensée influencé par la philosophie grecque , le mutazilisme qui a développé une théologie fondé sur la logique et la raison. L’abandon de ce courrant à la fin du moyen age au profit d’un islam traditionnelle fondée sur le seul coran coïncide avec le déclin de la culture arabo-musulmane.
Le discours de Ratisbonne est à mon avis un acte clairement politique. En interpellant clairement l’islam : qu’avez vous fait de l’héritage grec que vous avez reçu. ?, je crois que le Pape veut refonder le dialogue inter-religieux, refonte qu’il a déjà amorcé en fusonnant le ministère du dialogue œcuménique avec le ministère de la culture.
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