sulim (---.---.130.243) 22 septembre 2006 15:03

Les propos de manuel II n’exprime pas le fond de la pensée de Benoît XVI (il l’a rappelé par la suite) mais constitue le point départ d’une reflexion très dense sur le thème de la raison et de la foi.

Je cite son discours : « Je ne voudrais discuter au cours de mon exposé que que d’un seul point, d’ailleurs marginal dans le texte du dialogue, mais qu’en lien avec le débat sur la foi et la raison je trouve captivant et qui me sert de point de départ pour mes réflexions sur ce thème. »

Je ne pense pas que le choix de ce texte soit innocent car il caractèrise la double préoccupation actuelle du Pape.

D’une part, il reproche à l’occident d’occulter sa culture fondatrice (à savoir la pensée judéo-chrétienne nourrie de la philosophie antique) au profit du matérialisme.

Il s’émeut ainsi de l’acculturation de la société occidentale

Il refuse ensuite que la science s’attibue le monopole de la raison pour réduire la foi à un acte de superstition et de crédulité.. Ici, le fonds de sa pensée se résume dans la formule de Rabelais : science sans conscience n’est que ruine de l’âme.

D’autre part, le discours du Pape est aussi une adresse à l’islam dont l’évolution actuelle est inquiétante.

Le discours du fondamentalisme islamiste accuse l’occident chrétien d’être la cause du déclin de la civilisation musulmane et réclame une application pure et dure du Coran débarassée de toutes les influences extérieures.

Dans son discours, Benoit XVI conteste cette vision. Il estime que c’est l’abandon de la raison dans la foi qui est à l’origine du déclin de la civilisation arabo-musulmane au moyen age. Le « penseur » musulman qu’il cite entre dans ce courant thélogique qui a contesté le mutazilisme pour figer l’islam dans la tradition (aujourd’hui le waabisme ou le salafisme).

A mon sens, il ne s’agit pas d’une manipulation mais d’une interpellation (ou provocation) de l’islam car le Pape ne veut plus poursuivre le dialogue inter-religieux sur les mêmes bases que son prédecesseur. Benoit XVI ne veut pas d’un dialogue de convenance, de pure forme mais un dialogue de fond, de culture à culture. En cela, son discours est aussi un acte politique parfaitement refléchi.

Une dernière chose. C’est assez ridicule de reprocher au Pape de prêcher pour sa parroisse. C’est comme si un homme politique demandait de ne pas voter pour lui à une élection.


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