« En outre, les Français sont encore englués dans des schémas de lutte de classes qui sont obsolètes partout ailleurs. »
Certes... Certes, le slogan de l’obsolescence des « schémas de lutte de classes » est un des slogans de combat favoris de l’idéologie libérale (ultra-néomoderne depuis plus d’un siècle et demi...) du capitalisme, et sa relative popularité n’est pas surprenante. En effet, dans une société donnée, l’idéologie dominante est l’idéologie de la classe dominante. Certains ajouteraient ici comme dans d’autres cas : « selon Marx », dans une intention restrictive et péjorative. Comme si une constatation évidente pouvait devenir moins évidente si elle a été formulée par Marx. Comment la domination d’une minorité d’exploiteurs pourrait-elle se maintenir presque pacifiquement sans le consentement au moins résigné d’une majorité d’exploités ? La loi française, conforme au Préambule de la Constitution française et au droit international, stipule : "Code du travail Art.L411.1.Les syndicats professionnels ont exclusivement pour objet l’étude et la défense des droits ainsi que des intérêts matériels et moraux, tant collectifs qu’individuels, des personnes visées par leurs statuts." Il est à noter que l’idéologie dominante interpréte cet objectif légal, quand il s’agit de syndicats de salariés, comme un « schéma de lutte de classes ». Les employeurs n’en organisent pas moins leur propre classe dans des syndicats professionnels dont l’un des plus combatifs est le MEDEF, ex-CNPF, digne héritier direct du Comité des Forges (Comité des Marchands de Canons) qui était lui-même déjà ultra-néomoderne au dix-neuvième siècle, alors que les syndicats de salariés étaient interdits et férocement réprimés. Il va de soi que le syndicat patronal utilise abondamment le slogan de l’obsolescence des « schémas de lutte de classes » dans son propre combat pour ses intérêts de classe. Il est de bonne guerre de tout faire pour affaiblir l’adversaire, et notamment en le démoralisant. Cela n’empêche donc nullement l’organisation patronale de pratiquer sans complexe ce qu’elle affirme obsolète, préconisant partout la « modération du coût du travail », la « baisse des prélèvements sur les entreprises », la dégradation et la privatisation des services publics au profit de monopoles privés, la précarisation de l’emploi salarié, la réduction des protections sociales, l’abolition du code du travail, la dégradation des systèmes de retraites... Ce combat de classe du haut patronat français est à l’unisson de la haute bourgeoisie européenne et mondiale. Les syndicats de salariés ont un besoin urgent de communication au niveau des organisations de base, notamment pour faire le point de la réalité de l’obsolescence « des schémas de lutte de classes ». C’est pourquoi l’Esperanto leur est proposé, non comme langue unique ou identitaire, mais comme moyen complémentaire de communication dont l’efficacité est prouvée.
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