Pierre Régnier
22 juin 2013 08:50
@ franc
(et à Gorio par extension)
Vos deux premières lignes ci-dessus sont très justes, mais quel est le rapport avec ce que je vous ai répondu ? Vous auriez pu, d’ailleurs, étendre votre exemple à d’autres : ne pas serrer la main d’un athée ou d’un croyant d’une autre religion quand on est musulman, ne pas serrer la main d’un homme quand on est musulmane…
Vous pensez que faire faire par d’autres un enfant pour soi est un progrès humain, que ça fait "reculer l’obscurantisme, l’étroitesse et la fermeture d’esprit". Encore une fois c’est votre droit de penser cela, mais vous ajoutez que ne pas le penser fait de nous des humains voulant rester "comme des hommes-singes« et, surtout, que ça justifie que l’on soit »méprisés et rejetés".
C’est cela que je trouve intolérable et que je vois, que je dénonce (en choquant beaucoup, je le sais) comme une composante du « néo-stalinisme », ce stalinisme actuellement revivifié en France.
Le stalinisme, à la base, ce n’est pas les goulags et les dizaines de millions de morts « pour la juste cause ». Ça c’est le résultat, mais au départ il y a un état d’esprit, une manière de penser l’autre, de lui « deviner », puis de lui attribuer des défauts, dont certains qu’on va pouvoir, à juste titre, considérer comme épouvantables. On va ensuite en conclure que cet autre mérite qu’on le haïsse et le combatte, y compris par la violence, etc.
On a beaucoup discuté du nombre de participants aux manifs d’opposition au « mariage gay » (les guillemets parce que j’ai beaucoup contesté la réalité de cet objectif et n’ai pas le temps d’y revenir ici) mais tout le monde a admis qu’elles étaient gigantesques. Il y a sans doute eu quelques bavures dans ces manifs mais je pense que, rapportées au nombre des participants, elles étaient dérisoires. Ce qui, par contre, fut constamment asséné comme allant de soi par les médias acquis au pouvoir c’est le caractère « réac », « catho fondamentaliste », « facho » et surtout, « homophobe » des opposants à la loi.
Un bourrage de crâne imbécile, par la « Gauche » durant ces dernières années, a abouti à ce constat : des gens qui réclament sur leurs banderoles et dans leurs chants « un papa et une maman pour chaque enfant » sont tout cela, toute cette horreur ! Cette imbécillité est une petite infamie, tout simplement.
Revenons, d’ailleurs, à l’homophobie et supposons qu’elle est réelle chez de nombreux adversaires de la loi Taubira. L’honnêteté - et l’intérêt pour la très précise langue française - devrait nous amener à constater que le mot a deux sens très distincts dont l’un, qui est devenu pratiquement le seul utilisé (et souvent malhonnêtement utilisé) n’est qu’une extension du premier.
Le premier sens du mot homophobie c’est l’aversion pour la pratique homosexuelle. C’est évidemment quelque chose qui ne regarde que soi. Personne n’est obligé d’aimer les pratiques homosexuelles, et c’est un droit pour tous de les détester. Ce qui n’en est pas un, c’est la manifestation de la haine que l’on peut ressentir pour ceux qui les aiment et les pratiquent, et cela doit être fermement combattu par la loi, surtout quand cette manifestation se fait dans la violence.
Ici la réflexion doit conduire à s’interroger sur la véritable cause d’une éventuelle aggravation de cette seconde forme d’homophobie. Je prétends que les adversaires de la loi Taubira peuvent penser et dire que c’est cette loi qui, en supprimant la définition ancestrale du mariage comme union d’un homme et d’une femme pour la remplacer par une définition qui arrange une petite minorité de la population, celle des homosexuels désirant se marier, a provoqué une aggravation de la détestable homophobie en France.
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