il y a plus de 3ans, je me suis autorisé d’écrire à la présidence de la république sur le sujet en arguant que comme « tout travail mérite salaire », pourquoi « n’aurait-on pas tout revenu doit être le fruit d’un travail ». je n’avais alors reçu qu’un courrier de courtoisie de remerciement.
à la lecture des réactions, une chose semble redondante : il est tout aussi difficile de « vivre » d’un RMI assorti des autres aides que d’un « Smic » assorti des frais de transport pour aller travailler (et oui, il faut s’éloigner de plus en plus de chez soi pour trouver l’emploi).
par contre, pourquoi le Rmiste serait il dispenser de travailler de l’ordre de 16h par semaine pour des travaux d’intérêt général ou social dans son quartier. notre population va vieillir et pourquoi dépenser encore plus alors que ces personnes sont disponibles et à proximité. quoi de mieux que le travail pour se réinsérer dans la vie active et donner l’envie de travailler plus encore ? ceci aurait aussi l’avantage de diminuer le travail au noir au profit des artisans et donc l’emploi !
et on pourrait faire des millions d’économie en prévention plutôt qu’en rustines... je pense à la préservation des forêts (justement celles qui brûlent car mal entretenues et dans lesquelles les pompiers y laissent leur peau), je pense à l’entretien des espaces, au tri et au recyclage des dêchets, à l’animation d’association de revalorisation (friperies, resto du coeur, banque alimentaire....)
quand à l’argument : il va falloir dépenser de l’argent pour les encadrer ! 1- ce serait considérer qu’un Rmiste est plus idiot qu’un autre... 2- comment certains sont ils suffisamment malins pour trouver du travail au noir et pas assez pour tenir un rateau... 3- payer 1 encadrant pour 10 travailleurs Rmistes coûtera toujours moins cher que payer 11 travailleurs ! (beh oui, la différence, cest justement le coût du Rmi)
j’entends aussi ceux qui lancent « le smic à 1500 euros, le Rmi à 1000 euros et les ingénieurs à 4500 euros ». il faudrait expliquer à ces gens-là qu’effectivement, c’était possible il y a 50ans, en période de reconstruction et où il y avait plus de travail que de travailleurs à tel point que nombre de nos parents ont abandonné leurs études et que sur 30 enfants en primaires, seuls 2 ou 3 atteignaient le bac ! mais aujourd’hui, c’est la guerre des côuts de revient et c’est directement lié au niveau des salaires et des charges . une solution pour préserver les emplois, c’est durement réprimandé les groupes qui délocalisent hors de France voire d’UE alors qu’ils réalisent des profits conséquents (personne ne s’y attaque, pas m^me jospin n’a osé le faire pendant la cohabitation) et mieux jauger nos subventions (nombre de sociétés ont délocalisé alors qu’elles avaient été subventionnées pour créer des emplois dans l’hexagone.si l’état, les régions,nous subventionnons une société, nous devenons en qqsorte partenaire financier et à ce titre devrions avoir un droit de regard sur les delocalisations...tiens, on n’entend plus parler de l’affaire Hewlett Packard).
quand aux salaires des ingénieurs en milieu de carrière, il suffit de consulter les courbes des salaires et les offres de l’apec pour s’apercevoir que 4500euros est plus qu’optimiste (en tout cas, moi, j’aimerais bien mais après 10ans de carrière en tant qu’ingénieur sorti de Grandes Ecoles, je regrette de ne pas avoir choisi de m’être orienté vers l’artisanat ! )
moralité : patience... je suis convaincu que dans moins d’une génération avec la disparition des énergies fossiles, il va falloir réinventer notre façon de vivre. les entreprises ne pourront plus se permettre de « balader » leur production à travers le monde du fait des coûts de transport. les salariés ne pourront plus faire des distances effarantes pour travailler. les usines se rapprocheront des salariés et des consommateurs. les pays « bas coût » d’aujourd’hui se seront alignés aux critères de leurs voisins mieux lotis. les délocalisations cesseront d’elles-m^mes. notre génération (de parents trentenaires) va revaloriser l’apprentissage des métiers, plutôt que 90% de réussite au bac et continuer de mettre en avant la qualité de vie plutôt que gagner encore plus (ce qui ressemble plus à la génération de nos parents, ces fameux soixante-huitards devenus Bobo) et la bulle capitaliste pourrait bien s’effondrer (des centaines d’ENRON vont faire exploser cette bulle) et ainsi ramener la vraie valeur de l’activité d’une entreprise à sa VA et non plus sa capacité à faire des dividendes financiers (complètement virtuels au demeurant)
j’ai une petite fille de près de 4ans et c’est tout le bonheur que je lui souhaite : revenir à de vraies valeurs de « liberté, égalité, fraternité »
bien à vous, arnaud
Ajouter une réaction
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe
