René Job (---.---.131.99) 24 novembre 2006 12:08

Début de la médiation culturelle

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Nous assistons à un changement de paradigme sociétal.

Le Travail comme fait social total qui détermine nos existences n’est plus un fait social Total.

Ce qui signifie que le travail comme avant le XVIIème siècle n’est plus ce qui détermine et défini une vie d’homme ou de femme. Le travail reste une activité nécessaire au quotidien mais pas forcément avec le sens actuel : c’est un travail auto-réalisant et valorisant. Pas un travail économique, utilitaire...alimentaire.

Les RMIstes sont les premières victimes de ce changement culturel. Et évidemment, les politiques comme la plupart des citoyens s’accrochent désespérément au passé en voulant remettre au centre la « valeur travail ». C’est voué à l’échec.

Ce qui est inadmissible, c’est l’incapacité de nos dirigeants à parler « vrai » en la matière aux peuples. Et leur incapacité à expliquer qu’il faut réorganiser complètement nos sociétés.

Le travail n’est pas une fin en soi, il est un moyen.

Pour s’instruire un peu sur le sujet : lire Dominique Méda « Le Travail une valeur en voie de disparition ». Ce texte est une excellente ouverture au sujet.

Ensuite, les RMIstes bénéficient du RMI et d’une aide au logement (quand ils en ont un). L’ensemble des revenus distribués est directement réinjecté dans notre économie. Il n’en est pas de même des aides qui sont allouées aux entreprises.

Je reprends aussi le raisonnement de notre ami « économiste » en ajoutant que le SMIC est déjà à 1500€. Il faut lire vos feuilles de paie. Quand je dis qu’il faut réorganiser complètement la société, ce n’est pas gratuit. L’analyse de votre feuille de paie vous l’indique aussi. Un salaire, ce n’est pas que le « Net », c’est aussi les charges sur le « Brut » déduites de votre salaire et celles ajoutées au « Brut » payées par votre employeur. Votre salaire pour l’employeur, c’est le total de tout cela. Un SMIC coûte 1500€, grosso modo, à l’employeur.

Lorsque pour des raisons d’embauches, on dispense les employeurs de régler les charges dites « patronales », on affaiblit le financement des comptes sociaux. Ce résultat est certain alors que l’embauche ou le maintien de l’emploi sont des résultats incertains.

Au sujet des 35H, outre le fait que les autres pays de la CE sont déjà passés à moins pour certains, il faut bien comprendre que les effets économiques recherchés sont les suivants :

1/ Maintien du salaire donc du pouvoir d’achat ;

2/ Flexibilité du temps de travail qui permet de mieux redistribuer ce temps. C’est-à-dire d’avoir une organisation du travail adaptée à son activité. On mobilise plus de personnel au moment des pics et moins au moment des creux. D’où résulte une amélioration nette de la productivité. On travaille plus intelligemment.

3/ Si on est mal organisé ou qu’il n’est pas rentable de créer un nouveau poste, on pratiquera les heures sup. Celles-ci correspondent alors à une augmentation réelle de l’activité (donc du CA). Il est normal que çà se traduise pour le salarié par une paye améliorée. Il n’est pas actionnaire. Il ne sera pas rétribué sur les bénéfices après impôts sous la forme de dividendes. De toute manière si l’entreprise est vendue, il n’y aura aucune part. Les résultats des heures supplémentaires profitent normalement et directement au(x) propriétaire(s) de l’affaire.

Des heures supplémentaires, c’est un pouvoir d’achat augmenté. Donc une amélioration de la demande.

4/ En redéfinissant le temps de travail, on augmente éventuellement le besoin en temps de travail. Ce qui signifie qu’il peut y avoir intérêt à créer de nouveaux postes.

5/ Des gens plus disponibles, peuvent s’occuper de bien d’autres choses délaissées : eux-mêmes, leur famille (les enfants, les conjoints, parents, amis, autres). Çà se traduit aussi par une augmentation de la demande. Il n’est pas rare que des gens disponibles et solvables consomment plus. Le retour est bon pour les entreprises. Augmentation de la demande globale quantitativement mais aussi qualitativement par le besoin en nouveaux produits.

6/ Le défaut du système est qu’il fonctionne bien pour les grande entreprises et progressivement mal pour les petites. Les petits patrons n’arrivent pas forcément à dégager le temps et les liquidités nécessaires à la création d’un emploi.

D’une manière générale, cette mesure est bonne, exceptés les faits suivants : la mondialisation, la volonté de servir du 15% et + en dividendes aux actionnaires, La désindustrialisation, le manque de dominance dans les économies de divertissement... Toutes raisons qui font que le dispositif ne fonctionne pas comme il le devrait.

Mais comme je le dis d’habitude, on ne peut pas être adepte d’une doctrine et mettre en oeuvre des politiques contraires. On ne peut pas faire une politique néo-keynésienne et en même temps être néo-libéral.

En résumé, le chômage et le RMI, sont les résultats de l’absurdité qui règne en maître dans les esprits de nos dirigeants. C’est le résultat des contradictions mentales de nos dirigeants. Et pas du tout le résultat de phénomènes économiques soi-disant objectifs. Je crois que ce point est fondamental. Si tout le monde comprend çà, alors nous aurons la possibilité de changer.

Pour que les 35H soient efficaces, il faudrait une politique économique plus prudente, plus mesurée et surtout plus contrôlée.

Le propre de la pensée libérale est de consommer (et consumer) complètement la société qui la vue naître Le dernier moment d’une politique libérale sur le plan social est la guerre civile. Car en bout de chemin, il y a quelques riches qui contrôlent tout, possèdent tout (y compris les gens) et de l’autre la multitude qui est dépouillée complètement de toute forme de liberté.

Ce n’est pas un discours incantatoire de quelqu’un de gauche. C’est le résultat normal d’une pensée libérale poussée jusque dans ces conséquences les plus lointaines.

Le libéralisme est fondé sur une psychologie atomiste. Seul l’individu compte. Et le support moral de cette pensée n’est rien d’autre que la doctrine de l’égoïsme transformée en doctrine de l’intérêt. Marx, c’est le retournement de cette pensée. Les deux sont comme A et nonA. Indissociables et stériles. Si on n’aime pas la violence (bien sûr). Nos RMIstes sont des « victimes ». Ils sont en souffrance et ils paient le prix des contradictions de tous. Le renoncement à l’enrichissement individuel illimité devrait être éducativement imposé. Çà n’empêchera pas de vivre très confortablement quand même. D’avoir une belle voiture, une maison, etc.

Nos économies à l’heure actuelle fonctionnent comme des loteries.

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Fin de la médiation culturelle improvisée.


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