Il y aurait tellement à dire, et tant de choses ont été dites avant mon post, que je vais me concentrer sur trois :
- le salaire sans contrepartie, ça suffit ! si on s’avisait de compter le nombre de salariés, généralement fort bien payés, dont l’activité est au mieux douteuse, sinon nulle ? Sans compter ceux qui sont payés à fliquer le travail des autres, voire à provoquer des fautes professionnelles que l’on pourra utiliser pour un licenciement ? Vivement une étude sur leur coût social, à ceux-là.
- le RMI, c’est des quantités de gens qui sont trop malades pour travailler mais qui sont exclus de l’AAH ou des pensions d’invalidité parce que « pas assez » malades ou infirmes, seulement 58 % au lieu des 60 % minimum qui donnent « droit ». Tu peux bien les faire inscrire à l’ANPE... ils y resteront, et pas par mauvaise volonté. Exemple rencontré il y a peu : un voisin qui avait eu la polio étant petit, avec deux jambes qui ne répondaient qu’à moitié. Niveau d’études : fin de scolarité obligatoire. Avec l’âge son handicap s’aggravait et il a été licencié de son job de gardien d’immeuble à 50 ans. Fin d’allocations chômage, ASS limitée dans le temps : il a échoué au RMI à 55 ans. Il est inscrit à l’ANPE... tu l’embauches ?
- le problème actuel de l’emploi, c’est qu’il n’y a pas assez de jobs pour tout le monde.
D’abord quantitativement, il n’y a qu’à faire la soustraction : nombre de chômeurs moins nombre de postes non pourvus. Le solde est positif de quelques millions.
Ensuite qualitativement : les emplois peu qualifiés disparaissent peu à peu, le niveau d’exigence des employeurs monte vertigineusement et de façon parfaitement irréaliste car aucune société n’est composée uniquement de gens au QI supérieur à 120, et qui plus est les inégalités sociales génèrent des inégalités sur le niveau d’éducation.
Ce n’est donc pas en « mettant les feignants au travail » qu’on réglera la situation, mais en engageant une série de réflexions :
- sur la responsabilité des entreprises : pourquoi nombre d’entre elles se plaignent de ne pas trouver de personnel alors qu’elles rejettent sans examen les candidatures de jeunes, de vieux, d’étrangers, de femmes, de handicapés qui pourtant ont les compétences qu’elles recherchent ?
- sur le différentiel entre le RMI et les emplois accessibles à la plupart des bénéficiaires du RMI. En effet, qu’est-ce qu’on propose aux RMIstes qui sont majoritairement des femmes seules avec enfants à charge ? Des emplois de caissière au SMIC à 22 heures par semaine, avec des horaires élastiques qui ne permettent pas la prise en charge des enfants. Ou d’ouvrières en usine, en 3x8 : comment faire garder 2 mômes à 5 heures du matin ou à 22 heures... ?
- sur la prise en charge des enfants, justement. Développer les crèches publiques, puisque le privé n’est pas en mesure de répondre aux besoins (pas suffisamment de personnes concernées pour développer un service « rentable »)
- sur les travailleurs pauvres. Il va bien falloir réguler un jour ou l’autre le recours au temps partiel de la part des entreprises de distribution, par exemple.
- sur le système éducatif qui est devenu un monstre d’inégalitarisme. Après la 2ème guerre mondiale et jusque dans les années 80, un gosse de pauvres, s’il travaillait bien à l’école, pouvait entrer à l’Ecole Normale à 15 ans et cesser d’être à la charge de ses parents. L’Etat lui payait des études supérieures et une formation professionnelle en échange d’un engagement de service de 10 ans. Dans les années 80 le niveau d’entrée a été monté au Bac, puis au DEUG, puis à la licence. Proportion d’enfants de pauvres titulaires d’une Licence ? Mais bien sûr tout cela partait d’une bonne intention : remonter le niveau de qualification des enseignants. Et surtout, diminuer l’engagement de l’Etat.
Je pourrais continuer pendant 15 jours... j’arrête là.
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