César Castique César Castique 10 novembre 2014 10:43

« Le but est de créer un »homme nouveau« , débarrassé de ses »anciens déterminismes« . »



Il est intéressant de relire ce que Trotsky prophétisait à ce propos, dans « Littérature et révolution » :

"...l’homme commencera sérieusement à harmoniser son propre être. Il visera à obtenir une précision, un discernement, une économie plus grands, et par suite, de la beauté dans les mouvements de son propre corps, au travail, dans la marche, au jeu. Il voudra maîtriser les processus semi-conscients et inconscients de son propre organisme : la respiration, la circulation du sang, la digestion, la reproduction. Et, dans les limites inévitables, il cherchera à les subordonner au contrôle de la raison et de la volonté. L’homo sapiens, maintenant figé, se traitera lui-même comme objet des méthodes les plus complexes de la sélection artificielle et des exercices psycho-physiques.

"Ces perspectives découlent de toute l’évolution de l’homme. Il a commencé par chasser les ténèbres de la production et de l’idéologie, par briser, au moyen de la technologie, la routine barbare de son travail, et par triompher de la religion au moyen de la science. Il a expulsé l’inconscient de la politique en renversant les monarchies auxquelles il a substitué les démocraties et parlementarismes rationalistes, puis la dictature sans ambiguïté des soviets. Au moyen de l’organisation socialiste, il élimine la spontanéité aveugle, élémentaire des rapports économiques. Ce qui permet de reconstruire sur de tout autres bases la traditionnelle vie de famille. Finalement, si la nature de l’homme se trouve tapie dans les recoins les plus obscurs de l’inconscient, ne va-t-il pas de soi que, dans ce sens, doivent se diriger les plus grands efforts de la pensée qui cherche et qui crée ? Le genre humain, qui a cessé de ramper devant Dieu, le Tsar et le Capital, devrait-il capituler devant les lois obscures de l’hérédité et de la sélection sexuelle aveugle ? L’homme devenu libre cherchera à atteindre un meilleur équilibre dans le fonctionnement de ses organes et un développement plus harmonieux de ses tissus  ; il tiendra ainsi la peur de la mort dans les limites d’une réaction rationnelle de l’organisme devant le danger. Il n’y a pas de doute, en effet, que le manque d’harmonie anatomique et physiologique, l’extrême disproportion dans le développement de ses organes ou l’utilisation de ses tissus, donnent à son instinct de vie cette crainte morbide, hystérique, de la mort, laquelle crainte nourrit à son tour les humiliantes et stupides fantaisies sur l’au-delà. L’homme s’efforcera de commander à ses propres sentiments, d’élever ses instincts à la hauteur du conscient et de les rendre transparents, de diriger sa volonté dans les ténèbres de l’inconscient. Par là, il se haussera à un niveau plus élevé et créera un type biologique et social supérieur, un surhomme, si vous voulez.« 

Voilà, un genre d’âneries euphoriques, plongeant ses racines dans le romantisme poisseux de ce XIXe siècle que Léon Daudet a, fort justement, qualifié de stupide, auquel les communistes d’aujourd’hui n’osent plus se référer. En rêvent-ils encore en secret ? Sans doute, pour les plus jobards d’entre eux, qui ne sont pas forcément des bacs -5.

Quant à Mussolini, ses succès, bien réels, ont été obtenus, au cours des dix premières années du régime (1922-32), dans les domaines de l’aménagement du territoire, de l’architecture et de l’urbanisme, mais quand il a prétendu transformer ses bâtisseurs et ses paysans en légionnaires impériaux à l’antique, ce fut l’échec cinglant, qui est, au XXe siècle, celui de l’Homme nouveau en général. L’Hymne triomphal du Parti National Fasciste parle d’Italiens que Mussolini a refaits (sic) »pour la guerre de demain"...

On sait ce qu’il en fut.


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