Arno Villanova (---.---.213.65) 28 février 2007 22:19

J’étais sur la place Maïdan le 31 décembre 2004 quand la révolution orange fêtait sa victoire. J’ai cru que l’influence de la mafia reculerait enfin dans ce pays. J’ai cru que le pays se rapprocherait vite de l’union européenne et se libérerait un peu de l’emprise de la Russie. Depuis, je suis retourné plusieurs fois en Ukraine, dont un mois à Donetsk en 2006, dans le Donbass. Qu’ai-je vu ?

J’ai vu un président qui n’a pas assumé les espoirs qu’il avait suscité. J’ai vu les prix flamber, les salaires stagner, voire être irrégulièrement versés, l’eau courante n’arriver qu’une heure le matin et qu’une heure le soir dans certaines cités minières, comme avant. J’ai vu les cyniques qui ne croyaient au bénéfice de la révolution orange pour eux, le peuple, avoir raison. Car à Kiev, c’est beau à voir, les capitaux étrangers affluent, les immeubles jaillissent de terre, une minorité explose la rentabilité et s’expose dans des voitures de luxe, Ruslana danse sur des panneaux publicitaires un peu partout... Pourtant, la mafia a légalement réinvesti le parlement. Son mannequin, Yanoukovitch, travaille à diviser le pays entre le Donbass où on parle russe, pas ukrainien, Lviv et Kiev où on parle un peu plus ukrainien, la Crimée, largement peuplée de russes et son statut spécial...

Oui, on coupe la lumière au parlement ukrainien. Mais on y fait plein d’autres choses également. On s’insulte ou même, savez-vous que des députés et ministres n’y prennent même pas la peine de parler ukrainien en séance ? Ce n’est pas que de la provocation, certains ne maîtrisent simplement pas la langue ukrainienne. Il y a des symboles qui font mal à la nation ukrainienne.


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