Christian Labrune
17 avril 2018 11:49
@Renaud Bouchard
Je suis assez surpris par votre article. Non pas que je veuille prendre la défense du président Macron. Son inconsistance, dont la plupart des Français paraissaient encore, il a quelques semaines, incapables de se rendre compte, est de plus en plus évidente après plusieurs entretiens qu’il aura pu avoir ces derniers jours avec quelques malotrus de la presse.
Très capable de prendre et d’imposer les décisions pernicieuses qui lui sont imposées par l’Europe sur le plan économique et social, il est en général fort éloigné de rien comprendre à la situation internationale ou au redoutable problème que pose l’islam en France.
Recevant naguère ben Salmane, il reconnaissait - mais il y avait mis le temps ! - que l’Iran était en train d’essayer de renforcer son hégémonie sur le Moyen-Orient. Il fallait, disait-il, y faire obstacle, aussi bien qu’à son programme de développement des missiles balistiques. Mais comment réaliser cela, quand la levée des sanctions après la conférence de Vienne permettait à Rohani, à la fin de l’été dernier, d’accorder une rallonge de 520 millions de dollars à ces sortes de recherches et une subvention de 800 millions au Parti de Dieu libanais pour ses bonnes ouvres ? Sans doute en envoyant encore une fois le pauvre Le Drian prendre des baffes et se ridiculiser à Téhéran, puisque notre homme en reste à considérer qu’il ne faut pas toucher aux accords de Vienne ! Et quand il le voudrait, les Iraniens l’ont dit et répété : il n’y aura aucune renégociation. Dans huit ans, les accords prendront fin, et l’Iran pourra fixer des ogives nucléaires en haut de ses missiles dont la portée, grâce à l’aide des Coréens à Fordo, se sera considérablement étendue.
Dans l’esprit de l’administration américaine un peu plus lucide que les Européens sur cette question, l’entreprise d’hier ne visait pas le boucher de Damas mais ses maîtres iraniens. Bachar el-Assad, comme le général Aoud au Liban, n’est qu’une sorte de Pétain en train de collaborer, de la manière la plus « franche », comme les Russes d’une manière plus tordue, avec le régime islamo-nazi. Que vous le vouliez ou non, aussi longtemps que la théocratie iranienne n’aura pas été, d’une manière ou d’une autre, complètement ratatinée, les risques de guerre ne feront que s’accroître.
Après la reculade d’Obama dont la « ligne rouge » était à géométrie variable et qui mériterait bien d’être à cause des conséquences calamiteuses de son inconséquence traduit devant le TPI, les Américains étaient bien forcés d’agir comme ils l’ont fait. Il était de bonne guerre qu’ils entraînassent dans l’aventure des Britanniques qui, la dernière fois, s’étaient eux aussi dégonflés, et une France qui n’avait pas pu, toute seule, organiser l’opération.
Autrement dit, et même si c’est sans avoir une claire vision du problème stratégique, même si c’est en bafouillant des explications assez inconsistantes, Macron ne pouvait pas faire autrement que d’associer la France à cette entreprise. Il est bien possible qu’il ait cédé à des pressions américaines, c’est même plus que probable, mais l’essentiel est que l’axe Iran-Russie commence à comprendre qu’il est clairement perçu par les démocraties occidentales comme une menace stratégique et qu’il ne va pas tarder à se heurter à des ripostes de plus en plus sévères.
Je m’étais demandé, à cause du délai séparant les menaces américaines et l’attaque de la Syrie, si les Américains n’allaient pas plutôt s’en prendre aux causes principales, et bombarder en Iran des sites comme celui de Fordo. Il faudra bien y venir, et le plus tôt sera le mieux, dès que le Hezbollah recommencera à s’exciter dans le Golan.
Si le régime islamo-nazi des mollahs iraniens ne s’effondre pas rapidement, de toute façon, on aura la guerre. Etant donné leur idéologie qui n’a jamais varié et qui prévoit domination de l’islam « d’un bout à l’autre de la terre », comme l’écrivait Khomeiny, le programme est connu. Il est aussi délirant que le plan Barbarossa des nazis, mais il faudra bien y faire face, et les discussions à l’Assemblée, hier, au vu de pareils enjeux, me paraissent infiniment dérisoires.
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