Étirév 22 octobre 2018 12:45

La Chevalerie, qui emprunte son rituel aux anciens Mystères, est une forme nouvelle de l’ancienne religion. Son origine est obscure.
Quelques auteurs la font dériver d’un Ordre équestre de Rome. Déjà les équités (les chevaliers) formaient l’élite de la société gauloise (d’où équité).
D’autres la font remonter à des tribus qui, sous le nom de Normands, ont envahi au IXe siècle l’Europe méridionale. Pinkerton, Mallet et Percy attribuent l’origine de la Chevalerie aux Scandinaves.
Cette institution possédait un cérémonial très compliqué et très symbolique. Comme les anciennes sociétés secrètes, elle avait trois degrés :
1°) Le Page (qui correspond à l’Apprenti Maçon) ;
2°) L’Écuyer (qui correspond au Compagnon) ;
3°) Le Chevalier (qui est le Maître).
En 516, on fonda un Ordre nouveau, celui de la Table Ronde (Royale-Hache, 22ème degré, dans la hiérarchie moderne). Voici ce qu’on raconte :
Le roi Arthus avait installé une table ronde pour tous les chevaliers, pour éviter le haut bout et le bas bout. Tous les chevaliers étaient égaux, ils avaient des qualités reconnues et portaient des armures que l’imagination populaire appela enchantées, parce que leur position élevée leur donnait un prestige surhumain. C’est ainsi que l’on disait que leurs lames aiguës étaient protégées par des fées ; les fées sont quelquefois appelées des nains.
Les chevaliers étaient toujours aimés par une Dame, dont l’amour était un talisman. Aussi la chronique disait-elle qu’ils revenaient toujours victorieux.
Ces récits font le sujet des légendes bretonnes. On y trouve des épopées courtoises se déroulant dans une société civilisée.
Les chevaliers sont mondains, galants, dévoués aux idées de la Dame. C’est ce qui s’est perpétué dans le genre troubadour.
Ils portent les couleurs de leur Dame. La galanterie de cette époque semble quelquefois exagérée dans les actions héroïques.
La devise d’Arthus est : « Je maintiendrai  », d’où maintenant (celui qui maintient). Il maintient l’ancienne doctrine, la science antique, et nous allons voir jusqu’où va son audace.
[...]
Dans la légende de la Table Ronde, il y a un Chevalier noir.
C’est le traître qui refuse de reconnaître la Déesse comme sa souveraine ; c’est le perfide, l’ennemi du Bon Principe ; c’est Satan. Il prend la première place, et c’est ainsi que le valet devient le roi.
Personne ne peut rien contre lui. Quiconque l’a affronté sait qu’une puissance infernale le protège. Un ange seul pourrait lui arracher le terrible artifice qui le rend invulnérable aux coups les plus rudes. C’est le Principe du mal, la ruse et le mensonge.
Le Chevalier noir vole la coupe d’or, la prend au milieu de la table avant que nul n’ait pu l’en empêcher, et dit : « Si quelqu’un ose me disputer cette coupe, qu’il me suive dans la clairière, je l’y attends.  »
C’est la force qui s’affirme contre le droit.
Les chevaliers stupéfaits de cette profanation disent : « Qui vengera l’opprobre qui pèse sur nous ?  »
Viviane subit le sortilège du maudit. Elle est métamorphosée en source (c’est-à-dire cachée) ; elle est condamnée à pleurer dans la forêt, esclave du maléfice qui annihile tous ses charmes.
Mais un jour viendra où un saint guerrier interrompra le sortilège par la vertu de sa miraculeuse pureté et nous délivrera, en triomphant du Chevalier noir. C’est le Prédestiné, celui qui doit venir en réparation remettre la Déesse sur le trône élevé de la Table Ronde. (Cette légende est celle que reproduit la Belle-au-bois dormant, éveillée par le Prince Charmant.) Dans la légende de la Table Ronde, ce rôle est donné à Parsifal. A moins que, pour nos ennemis, Parsifal ne signifie persifler.
La Chevalerie, la Table Ronde et le Graal


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