JC_Lavau JC_Lavau 24 avril 2019 12:25

Toute la question est que le rôle de l’Etat et du service public est de prendre en charge le long terme. Une armée, typiquement ça ne sert à rien ou presque pendant cinquante ans, jusqu’à ce que ce soit une question de vie ou de mort.

Je vois le cas des quatre sous-marins prêtés à la France par la GB après la guerre : la Sibylle, la Sirène, la Sultane, le Saphir. Ainsi que le retour de la Junon qui avait été construite à Cherbourg. Deux étaient démilitarisés, tubes lance-torpille condamnés. Usage militaire réel : l’entraînement, maintenir des équipages entraînés. 

Construire un barrage, pendant des années, ça coûte. L’instruction publique, pendant des années, ça coûte. Les temps de retour d’investissement sont incompatibles avec la gestion décentralisée au privé.

Certains dont moi-même, présument qu’un canal d’amenée de l’eau de Méditerranée dans la dépression de Qattara serait profitable à l’Egypte, sur plusieurs siècles. D’une part le turbinage apporterait des Mégawatts bienvenus, surtout la surface d’évaporation supplémentaire apporterait des bénéfices agricoles à long terme. On ne sait pas à qui d’abord, aux cultivateurs égyptiens ? Ou aux libyens ? Si le projet est bon, il ne peut se raisonner que sur des durées dépassant la vie d’un homme, a fortiori la durée du mandat d’un politicien.

Question : des hommes qui savent raisonner à des durées régaliennes, savons-nous les former ? Savons-nous les sélectionner ? De la classe de Richelieu ou de Colbert, Gribeauval ou Sartine ?

Un exemple d’échec, à l’échelle d’un état : En 1976, Pierre-Frédéric Ténière-Buchot, au CNAM, était fier de nous montrer l’usage des matrices d’influence. La mission était auprès de l’état colombien, qui cherchait comment planifier le développement économique des Llanos, plaines alluviales versant sur le bassin de l’Orénoque.

Sols relativement pauvres et fragiles, fort lessivés — mais quand même bien moins lessivés que les sols d’altitude. Les colombiens étaient préoccupés de rétablir la loi et l’ordre dans les Llanos, là où régnait en réalité la loi du révolver. Structures étatiques bien trop faibles. Or TB leur fait apprécier quoi influence quoi, sur matrices, et conclut triomphalement que la fonction régalienne « La loi et l’ordre », a peu d’influence, et est peu influencée, donc à classer parmi les faux problèmes.

Vous savez la suite, l’industrie de la cocaïne, la loi des gangs et des guérillas. Alors ? Vraiment un faux problème ?

Une fausse appréciation, oui, par un étranger, aveugle à la violence locale.


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