Morgan Stern (---.---.53.203) 12 avril 2007 16:35

« pourquoi un mot porteur de si beaux principes est-il devenu une insulte réductrice, une coquille vide qui réduit au silence et dépouille de toute substance par le mépris et la condamnation sans appel qu’il infère ? » demandez-vous.

C’est parce que derrière une belle idéologie de façade, on trouve les mêmes pulsions dominatrices d’autrefois. Des valeurs libérales, on construit un nouveau monde de dominateurs et de serfs plus ou moins volontaires.

Il y a dissension entre les valeurs affichées et les motivations véritables de nombreuses personnes qui se parent de ces vertus. (Bien sûr, il y a des exceptions...)

Vous remarquerez que les dit « libéraux » n’ont guère de tolérance pour toute autre philosophie que la leur (pour eux, la « concurrence » n’est apparemment bonne que dans le domaine de l’économie et pas dans le domaine des philosophies), et que beaucoup s’acharnent à diaboliser toute personne qui affiche des opinions vaguement contraires, les accusant d’être marxiste, communiste, ignorante de la vraie science économique, fainéants, irréalistes, archaïque, etc. Et vous conviendrez que ce n’est pas faire montre d’une grande libéralité vis-à-vis de son prochain. Ils ressemblent étrangement à des gardiens dogmatiques de la « loi », accusant tout le monde d’hérésie.

Ce comportement existe aussi chez leurs opposants, parés de valeurs pas nécessairement opposées à celles que vous citez d’ailleurs, et on voit donc se dresser deux camps s’opposer de plus en plus radicalement autour d’une question assez simple (qui n’est d’ailleurs bizarrement que rarement posée, encore moins discutée) : « faut-il taxer un peu, beaucoup ou pas du tout les échanges commerciaux entre nations pour protéger l’industrie intérieure d’une production industrielle extérieure essentiellement plus rentable grâce à une main d’oeuvre plus soumise et moins coûteuse ? » (on appellera ça « mondialisation »)

Le débats dérivent souvent dans la théorie et l’idéal pour se conclure dans le mépris et l’anathème réciproques. Et en écoutant les deux côtés, on s’aperçoit que derrière le vernis des belles intentions, c’est souvent l’intérêt qui décide de l’opinion.

Chacun prétend que la liberté est de son côté. Pourtant, celui qui cherche la véritable liberté gagnerait sans doute à ne se soucier ni des uns ni des autres, et ne cautionner ni libéralisme, ni libertarianisme, ni communisme, ni aucune de leur variante... et cultiver son jardin.

Cordialement,


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