Séraphin Lampion
6 octobre 2020 16:38
Il ne faut pas confondre « panturquisme » et nationalisme à la sauce ottomane revisitée.
Erdogan est un nationaliste qui tente de « dynamiser » une population hétérogène autour d’un mythe (celui d’un empire ottoman idéalisé), comme napoléon III avait réinventé les Gaulois, et pour les mêmes raisons : justifier des conquêtes pour l’enrichissement de la classe sociale à laquelle il appartient.
Sauf, qu’on n’est plus au dix-neuvième siècle, et que les territoires sont minés ou balisés :
— les Balkans sont balisés par l’UE
— le Caucase est balisé par la Russie
— la Syrie est balisée par Israël/USA
— les eaux territoriales héritées du partage post 14/18 sont limitées aux plages des stations touristiques.
Ce nationalisme là est condamné à rester dans ses frontières actuelles. Même si Erdogan est un malin qui sait manipuler ses « protecteurs » occidentaux et mettre à profit toutes les erreurs de ses ennemis orientaux, il avance en terrain miné et le rapport de forces entre lui et les « grandes puissances » n’est pas à son avantage,
Ses rêves de pétrole sont limités par la géographie politique héritée de l’histoire, qu’il le veuille ou non.
Il finira par manger son chapeau. Mais en attendant, il aura fait beaucoup de mal aux Kurdes, aux Arméniens et à d’autres peuples du Moyen-Orient qui aimeraient bien qu’on leur lâche les baskets, un jour.
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