Étirév
2 octobre 2021 02:01
De la Trinité originelle chez les gnostiques, en religion et son évolution
La Déesse de la Parole, que nous allons retrouver dans la divine Sophia des Gnostiques, fut aussi divisée, et c’est ce qui nous explique que les Ébionites et les Cérinthiens donnaient trois fils à Dieu : la Lumière, le Verbe, l’Unique engendré.
Les Pauliniens, qui avaient pour chef Paul de Samosate, évêque d’Antioche, soutenaient la doctrine unitaire contre les partisans de la Trinité.
Il en est qui font de Sophia la Mère des sept fils, parce que dans les Mystères on enseignait le septénaire.
On discutait beaucoup dans les Ecoles d’Alexandrie sur les trois hypostases divines (suppôts, personnes, en grec hupostaseis), qui avaient formé primitivement une Trinité féminine : Mère-Sœur-Fille. Partout trois grandes Déesses représentaient la Femme sous ces divers aspects :
Nous trouvons le nombre trois dans la légende des trois patriarches Abraham, Isaac, Jacob, qui sont des matriarches formant une Trinité ; dans les trois enfants d’Adam, les trois enfants de Noah, les trois Grâces, les trois femmes qui se disputent la pomme, etc.
Cette Trinité s’était modifiée depuis qu’on avait introduit des Dieux masculins dans le Panthéon ; alors elle fut représentée par le Père, la Mère, l’Enfant ; telle la Triade égyptienne Osiris-Isis-Horus, greffée elle-même sur une plus ancienne Triade faite d’Ammon-Mauth-Khons.
Les Chaldéens avaient eu Anou, Nouah, Bel.
L’Inde fit d’abord sa Triade de Brahmâ, Nâri, Virâdj. Plus tard, elle fut composée de Brahmâ créateur (principe cosmique), Vishnou conservateur (la Femme), Çiva destructeur (l’homme) qui devint le transformateur, parce qu’il détruit et transforme le monde primitif fait par la Femme.
Enfin, les Scandinaves avaient Odin, Frigga, Balder ; les Finnois avaient Ukko, Luonnotar, Vainamoïnen ; et les Polynésiens ont encore Taaroa, Ina, Oro.
Quand les Bouddhistes fondèrent leur religion masculine, ils firent une Trinité composée de :
1° Bouddha, l’intelligence divine, l’Esprit ;
2° Dharma, la matière, les éléments concrets (sous-entendu la Mère) ;
3° Sangha, la réunion des deux principes ou des deux univers.
Cette Trinité fut apportée à Alexandrie de 270 à 303 par le philosophe Porphyre.
Mais, avant cette époque, Philon s’était occupé de la Trinité, et ses idées sur ce sujet avaient évolué, car nous trouvons qu’il nous indique une première Triade composée de : le Père créateur ; la Mère, qui est la sagesse, dans le sein de laquelle il engendre « non pas à la manière de l’homme » ; le Fils ou le monde conçu d’un germe divin.
Nous voyons dans cette façon d’engendrer l’origine de la conception miraculeuse de Marie.
Dans les Ecoles d’Alexandrie, les trois personnes divines étaient devenues :
- Le Père, duquel procède la création ;
- Le Fils, duquel procède l’âme ou l’Esprit ;
- Le Saint-Esprit, l’intellect divin.
Les Catholiques paraissent avoir formé leur doctrine de la Trinité avec les démentis opposés aux systèmes antérieurs.
LE PÈRE, c’est la substitution masculine de la Mère : Déméter. Elle planait dans le ciel, c’est-à-dire dans la vie sereine et bienheureuse que donne la plénitude de l’être ; on fait de ce ciel allégorique un ciel réel où l’on va envoyer régner le Père dans une solitude infinie. Tous les attributs de la Mère deviendront ceux du Père, mais seront amplifiés. Elle créait l’enfant qu’elle faisait à son image et à sa ressemblance (morale surtout) : le Dieu-Père va créer tous les humains qu’il fera encore à son image et à sa ressemblance.
LE FILS, c’est l’homme, fils du Père, fils de l’homme. Et cela est dit dans un esprit de réaction contre ceux qui, dans le régime matriarcal, avaient été « fils de la Mère » dont ils portaient le nom. C’est la suprématie donnée à l’enfant mâle par un secret esprit de réaction contre l’ancien privilège de la fille (qui seule héritait).
L’Épître aux Colossiens (1,15-18) pousse jusqu’à l’extravagance l’idée de la suprématie de l’homme ; elle fait créer toutes choses par le Fils et pour le Fils, qui est « l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute créature ». « Celui par qui toutes les choses ont été créées dans les cieux et sur la terre, les choses visibles et les choses invisibles, les Trônes, les Dominations, les Autorités, les Puissances ; tout a été créé par lui et pour lui. Et il est avant toutes choses et toutes choses subsistent en lui. Et il est la tête du corps de l’Eglise. Il est le commencement, le premier-né de ceux qui sont ressuscités des morts, entre tous le premier. »
Voilà « le Fils » mis, non seulement au-dessus de « la Fille », mais au-dessus de tout. Et pendant que le « Fils » est ainsi glorifié, la « Fille » va être avilie jusqu’au dernier degré.
LE SAINT-ESPRIT, c’est l’esprit féminin, qui était représenté à Rome par...
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