Fanny 16 août 13:36

A propos de la liberté d’expression dans notre France macro-ukro-zelenskisée, et sa politique « d’Un peu de guerre, mais pas torp ».

Une campagne russophobe domine en ce moment nos médias mainstream, en lien avec la guerre en Ukraine et en phase avec le pouvoir.

Des forums et réseaux sociaux s’alignent sur cette campagne, alors que ni la France ni l’UE ne sont officiellement en guerre en Ukraine. Le moujik y prend la place du boche du siècle passé.

Il est périlleux de s’opposer à cette campagne comme en témoigne Jacques Baud, privé par l’UE et la France des moyens de se nourrir (avec dérogations pour le minimum vital, mais qui arrivent en retard). A noter que des entreprises privées, notamment en Suisse, s’alignent illégalement sur cette politique de sanctions (administratives, non juridiques), en annulant arbitrairement contrats et abonnements.

La liberté d’expression en France et dans l’UE est clairement en recul. Une ambiance vicieuse de pré-guerre s’installe, avec l’appel du Général Mandon à se préparer à verser le sang.

Des esprits avisés (mais rares) comme Luc Ferry dénoncent ces campagnes. La masse suit dans l’ensemble le mainstream politico-médiatique.

Agoravox ne fait pas exception. J’ai soumis récemment à la modération un texte qui attaque frontalement un article anti-Eltsine, sans attaque ad hominem de l’auteur du texte que je n’ai pas mentionné. J’y traitais ce texte de lâche (car se moquant d’un malade d’alcoolisme, du fait de sa maladie) et de raciste (comme s’inscrivant dans une campagne russophobe appuyée par de nombreux articles par ailleurs).

Une sorte de test de liberté d’expression : est-il encore possible de réagir de façon polémique, façon XIXème siècle, à un texte lui-même polémique.

Selon un certain modérateur d’Avox, ce serait interdit aujourd’hui, car contraire à la loi. Je cite ci-dessous le commentaire de ce modérateur anonyme (pour moi) à propos de mon texte non encore publié, et qui ne le sera probablement pas, bien que j’en aie retiré les mots les plus polémiques (lâcheté, racisme). Mais même le mot « ignominieux » serait considéré par ce modérateur-censeur comme hors la loi, diffamatoire.

En cause, le manque d’arguments et de preuves pour soutenir le propos (totalement subjectif, argument habituel des censeurs).

Voici ce commentaire :

« Vous nous offrez ici un bien curieux sommet d’équilibrisme rhétorique. Faute d’arguments historiques à opposer à l’analyse de la transition russe des années 1990, vous préférez dégainer les invectives : « racisme », « ignominie », « lâcheté ». Grandiloquent, mais juridiquement périlleux. Il est bon de vous rappeler que si la liberté d’expression protège le débat d’idées, elle a des limites très claires que votre texte franchit allègrement : entre les attaques ad hominem, l’injure publique et les accusations diffamatoires non étayées, votre brûlot tombe directement sous le coup de la loi du 29 juillet 1881 sur la presse. Confondre l’analyse d’un système politique avec du « racisme » est absurde, mais accuser un auteur de tels griefs sans fondement relève tout simplement de la diffamation. Quant à l’ode vibrante à l’« obscur lieutenant-colonel » venu apaiser le pays et le couplet paranoïaque sur la « doxa », ils trahissent surtout la douleur de voir le récit officiel du Kremlin confronté aux faits historiques. La caricature et l’outrage illégal ne remplacent pas la rigueur : si vous souhaitez débattre, faites-le avec des sources et dans le respect de la législation. »

Malgré la suppression des mots polémiques (lâche, raciste), un autre commentaire me parvient, évitant l’appel à la loi celui-là :

« Extrapolations à côté de la plaque. Un peu plus de nuance serait bienvenu. »

C’est le classique « hors sujet », habituel des censeurs compulsifs.

On vit en ce moment une période assez dure en France, avec recul dans tous les domaines (sauf le luxe et l’armement : accessoires et instruments typiques de l’oligarchie).

Ce recul généralisé concerne principalement l’éducation, du point de vue des conséquences à terme. Une batterie de lois (et ce n’est pas fini, bientôt le mot « antisioniste » pénalement poursuivi) limite de plus en plus la liberté d’expression.

Un pays mal éduqué et privé de liberté d’expression, voilà ce que prépare notre oligarchie, avec malheureusement le soutien de certains modérateurs-censeurs sur Agoravox. Cette oligarchie peut nous balancer : tant qu’on ne vous envoie pas en guerre, vous avez le droit de la fermer.

Il m’arrive parfois de faire un cauchemar : je me surprends à voter Mélenchon.


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