Henri Masson 25 novembre 2007 20:37

A propos de cette neutralité, Zamenhof avait lui-même dit : « Nous ne sommes pas aussi naïfs que certains l’imaginent. Nous ne croyons pas qu’une base neutre transformera les hommes en anges ; nous savons parfaitement que les mauvais resteront mauvais, mais nous pensons que le fait de se connaître et de communiquer sur des bases neutres pourra éliminer la plus grande partie de ces crimes, de ces actes inhumains qui ne sont pas causés par une réelle méchanceté, mais simplement par une méconnaissance réciproque et par la volonté de se dominer les uns les autres. » (2ème Congrès Universel d’Espéranto, Genève, 1906)

Grand journaliste au Monde, Jean-Pierre Péroncel-Hugoz avait écrit : « La faute originelle du système — ne pas avoir choisi en 1946 une langue universelle « neutre », qui aurait pu être l’espéranto, enseignée dans toutes les écoles et seul langage à être utilisé par les Nations unies et ses agences spécialisées comme l’UNESCO, — a condamné celle-ci, avec ses deux langues de travail (français, anglais) et quatre autres idiomes officiels (espagnol, arabe, russe, chinois) sans parler de celles des cent soixante et un États-membres à entretenir en permanence une armée de traducteurs et d’interprètes représentant officiellement une dépense annuelle d’environ 10 millions de dollars. Malgré cela, le 26 octobre 1983, jour de l’inauguration, en présence du président Mitterrand, de la XXIIe Conférence générale de l’organisation, à Paris, le seul ordre du jour automatiquement distribué à la presse était en anglais... » (« Le Monde », 18 janvier 1984 : « La crise de l’UNESCO »).

Député européen, Jean-Pierre Bebear avait lui aussi compris l’importance de la neutralité pour une langue internationale : « Je suis très attentif depuis de nombreuses années à la grave question de la multiplicité des langues au sein de l’Union Européenne. Je suis, quant à moi, tout à fait favorable à une étude sérieuse concernant l’espéranto en vue d’une utilisation plus large dans tous les domaines de la vie européenne. Je suis convaincu, qu’une fois clairement établi le coût, l’espéranto par son caractère neutre peut permettre de jouer efficacement le rôle de dénominateur commun entre Européens. »


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