Henri Masson
25 novembre 2007 20:39
De même que José Happart, président du Parlement wallon : « L’espéranto devrait être un moyen efficace de communication entre les peuples de la Future Europe. Dans tous les domaines, une langue neutre, logique et fonctionnelle serait un atout appréciable pour l’Europe. Il serait toutefois souhaitable que son apprentissage soit adopté dès le début de l’enseignement primaire. Estimant que l’espéranto est la solution aux problèmes auxquels nous sommes confrontés, vous pouvez compter sur mon appui total pour le défendre. »
Il y aurait beaucoup d’autres exemples. Or, c’est justement à cause de cette neutralité que Gilles de Robien, quand il était ministre de l’Éducation nationale, avait rejeté toute idée de l’admettre dans l’enseignement : « Or, en raison de ses caractéristiques de langue neutre, dépourvue de supports littéraires, historiques ou géographiques présents dans d’autres langues classiques ou vernaculaires, l’espéranto ne peut offrir cette approche culturelle et sociétale indissociable de la connaissance d’une langue vivante. » (sic !) Quand un ministre, qui plus est de l’Éducation nationale, sur la base d’une telle méconnaisance du dossier « espéranto », l’exclut pour un tel motif, il y a lieu de se poser des questions sur les véritables intentions du pouvoir qui, depuis déjà longtemps, favorise un glissement vers un tout-anglais hypocritement dissimulé sous le nom de « connaissance de plusieurs langues étrangères ».
Nul n’a prétendu que l’espéranto était parfait. Et, s’il est vrai qu’une langue parfaite est impossible (ce que n’ignorent pas les espérantistes : le livre du professeur Umberto Eco « La recherche de la langue parfaite » — éd. Seuil — a été traduit et publié en espéranto), rien ne doit empêcher d’effectuer des expériences et de comparer les résultats atteints avec l’espéranto et avec tous les palliatifs adoptés jusqu’à maintenant pour permettre le dialogue et les échanges entre les peuples de langues différentes. Voir à ce sujet : « Communication linguistique : Étude comparative faite sur le terrain », par Claude Piron http://claudepiron.free.fr/articlesenfrancais/etudesurterrain.htm .
De telles comparaisons et expériences ont donc été faites, mais la déraison d’État a conduit à ne pas en tenir compte. Il est toujours apparu que, pour le rôle de langue internationale, l’espéranto est sans nul doute moins imparfait, et de loin, que les langues nationales, quelles qu’elles soient. Son seul handicap, parfaitement surmontable et nullement définitif, compensable par la rapidité des formations qu’il permet, réside dans le nombre de ses locuteurs et dans l’étendue de ses applications par rapport à ce qui existe pour les langues dites « grandes » : ils n’étaient que deux en 1887, Zamenhof et son épouse, et les estimations actuelles tournent autour de trois millions. Voir « L’espéranto au présent » : http://www.esperanto-sat.info/article13.h
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