armand armand 17 février 2008 18:16

Je ne me reconnais pas dans un jouisseur hédoniste, fasciné par les milliardaires, inculte, et incapable de s’imposer la moindre ascèse tout en invoquant le ’religion’ et la ’civilisation’ comme autant de mantras. Je Je ne me reconnais pas non plus dans l’élevation au rang de ’première dame’ d’une serial briseuse-de-ménages, d’une moralité de catin. Voilà pour l’exemplarité, partie intégrante de la fonction de chef de l’Etat.

Sur le plan institutionnel, je dénie au suffrage universel le pouvoir de désigner par simple majorité un ’chef’ qui aurait le droit d’intervenir sur tous les sujets, même les moindres, qui placerait partout ses affidés par simple bon plaisir en dynamitant les corps constitués. Cette dérive s’accompagne d’une volonté de rompre avec la Constitution, pourtant déjà présidentialiste, au profit d’une personnalisation extrême du pouvoir.

Je trouve particulièrement dangereuse l’obstination de Sarkozy (et de ses fidèles), dans le débat sur la ’monarchie élective’, d’envisager uniquement le mode de désignation du chef de l’Etat : peu importe qu’il soit élu ou héréditaire, c’est la concentration des pouvoirs qui pose problème. D’ailleurs aucun chef d’Etat de pays démocratique ne revendique un tel pouvoir, pas même aux Etats-Unis (où existe notamment l’"impeachment"). Et si Blair, la grande référence de Sarkozy, a pu se comporter en dictateur, c’est par un abus de la constitution (non-écrite) de la GB, rendu possible par l’impuissance des contre-pouvoirs.

Je trouve curieux qu’un président qui roule les mécaniques sur n’importe quel point de politique intérieure joue à l’impuissant devant les pouvoirs de l’argent apatride. Qu’il traque le moindre immigré clandestin mais ouvre grandes les frontères aux fonds d’investissements, aux mafiosi russes, aux princes wahhabis.

De plus, à vouloir pratiquer la ’rupture’, l’actuel régime sape les fondements de sa légitimité - toute relative d’ailleurs, car il n’y a au aucun changement de régime en France depuis 1789 sans révolution, coup d’Etat, ou guerre. A vouloir par trop chahuter les institutions, que Sarkozy et ses partisans ne s’étonnent pas que leurs adversaires réclament un quinquennat abrégé.


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