La « grande » presse connaît des temps difficile, contrairement à de plus modestes journaux qui marchent bien proportionnellement parlant et comme le journal, c’est un produit mais pas seulement, la « grande presse » tente bien sûr d’informer et de créer de l’événement. Ce qui marche : la grande presse est fort rarement distanciée de ces appréciations officielles (sauf bien heureusement dans les blogs). Certains même vont jusqu’à affirmer que la presse se perd dans des batailles de survie, et serait prête à faire n’importe quoi pour vendre (ce qui arrive dans les émissions polémiques à la télévision : même « On ne peut plaire à tout le monde » rédige des SMS pour faire monter la sauce !). Je n’irais pas jusque là : le journal apporte une profondeur et une tribune officielle (débats, opinions, rebonds...), différente de la télévision, de la radio, ou des écrits de blogs, où la parole peu se libérer et où le ton généralement est plus de proximité.
Il est donc normal qu’il y a une volonté vraiment citoyenne de libérer l’information, pas forcément de jouer au reporter ou de livrer des scoops, mais d’apporter un éclairage nouveau et de l’aborder sous un jour différent : étant déjà paru dans un journal, je comprend le comportement d’écriture, ce qui paraît sur un blog ou sur Agoravox ne peut pas toujours être repris dans la presse (enfin tout dépend de la ligne éditoriale, comme on dit).
Il est clair que la presse ou les politiques peuvent de moins en moins dire : « nous avons raisons ». Notre pays a besoin de « respirer » et le citoyen qui veut participer soit au débat politique (et pas seulement participer aux meetings unilatéraux, c’est à dire uniquement composés de monologues et de slogans...). De plus, je vois bien que certains journaux régionaux, appartenant à de grands groupes, ont renoncé à écrire de l’opinion ou à trop parler de politique.
Plutôt que de rupture, je parlerais aussi plutôt d’une évolution : non une mode, une évolution de fond ! Mais il est légitime de se poser la question : trop d’informations ou de messages, de billets, de blogs, tue-t-il l’information, celle-ci n’est elle pas en même temps désacralisée et dévalorisée ? La « grande presse » est peut-être en passe de céder à ce processus d’ouverture (même si il y a encore beaucoup de journaux censurant certaines prises de positions dans le courrier des lecteurs ou plutôt en ne retenant ce qui leur plait...) et à ce processus de relativisation voir à ce processus de dévalorisation. Et même si l’information fait sens, fait sens à la vie, l’information est aussi une marchandise et se commercialise, car elle fait vivre.
Mais si des combats de liberté d’opinions, et de liberté de la presse ont été gagné au niveau national, il est clair qu’au niveau local, régional, beaucoup de chemin reste à faire. C’est aussi ce que j’essaye, à mon modeste niveau, de faire bouger... http://normandie.canalblog.com
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