Marc Bruxman
2 septembre 2008 19:49
Bonjour,
Bon article dont je partage le diagnostique en général (mais pas forcément tout). Quelques commentaires.
Oui en général et comme vous le faites remarquer pour les USA, la vrai pauvreté n’intéresse pas les médias. Parce qu’elle fait peur aux gens. Pour vous en convaincre, amusez vous à regarder dans le métro quels sont les mendiants qui reçoivent le plus de piéces. Bizarrement ce ne sont pas ceux qui ont l’air les plus miséreux. Celui qui est miséreux fait peur, les gens se détournent de lui. Et ne donnent pas. Pareil à la TV. On vous montrera des gens déja pauvres mais pas vraiment miséreux. La vraie misére restera toujours cachée. (Et puis c’est vrai que pour le temps de cerveau disponbile, mieux vaut ne pas montrer des gens faméliques avant une pub pour M&M’s).
Oui la politique est malade. Et cette maladie vient de l’abscence d’idéologie et qui fédére, le "vivre ensemble", ou "la narration" comme l’appelle Neil Postman dont l’ouvrage "Amusing ourselves to death : public discourse in the age of show business" reste la référence sur le sujet dont on parle. Au 16ème siécle, la religion était une narration. On vivait pour servir dieu. Puis on a vécu pour servir la république, au bénéfice d’un idéal de liberté. Quand la république a senti le roussi, beaucoup ont vécu en se référent à une révolution future à un système social à construire, mais dont la construction paraissait être une tache réalisable. Au XXIème siécle, tout est mort, la religion, la république et le "communisme". D’ou la société du sectacle dont vous parlez. Puisque il serait trop compliqué de construire une nouvelle histoire en adéquation avec la société moderne, on va en inventer de petites pour donner un espoir temporaire. L’UMP comme le PS souffrent du même probléme. Si on les sort du contexte, certaines déclarations de l’UMP pourraient apparaitre de gauche (la taxation du capital pour le RSA) et inversement des déclarations du PS pourraient apparaitre de droite. (Ségo pendant la campagne présidentielle).
De l’idéologie au réalisme politique : Pourquoi ? Parce que les idéologies sont mortes du fait que le monde a changé. Le monde est devenu libéral. Il est en contradiction diverse avec la religion et le communisme. Cette contradiction est si violente qu’il est difficile de construire et de faire accepter directement la nouvelle idéologie. A moins d’un choc profond qui viendrait à remettre en cause la société actuelle. Choc qui n’est pas souhaitable. Alors on parles de la fin des idéologies et on parle de réalisme politique. Sauf que le réalisme politique si il est une bonne méthode de gestion politique n’a pas le pouvoir de rameuter les foules derriére elles et de susciter un véritable engouement direct. En conséquence, la politique et la démocratie se meurent.
Le PS est le plus touché : Parce que sa position à la gauche modérée est la plus mise à mal par le libéralisme ambiant. Alors que l’extréme gauche peut compter sur les gens décus par ce tournant de la société, la gauche de gouvernement apparait quand à elle comme ringarde. A l’inverse la droite avait devancé un peu ce changement mais elle est aussi très génée car le gaullisme n’a rien à voir avec le libéralisme. Au final, au lieu d’avoir une ligne de fracture libéralisme / social démocratie, on se retrouve avec deux partis qui feignent de s’affronter sur l’ancienne ligne de fracture socialisme / gaullisme. Mais qui tous les deux sont attaqués en interne par le libéralisme. Des adhérents du PS veulent une politique plus libérale, et certains à l’UMP aussi. Mais le rapport de force n’est pas suffisant pour faire basculer totalement un de ces deux partis dans un camp. Le résultat c’est que plus rien n’a de sens.
Un conflit de génération ? Le vieillissement de la population n’aide pas la transition à se faire. Les plus jeunes ont souvent intégrés les modifications de la société. Ceux qui n’ont jamais connu les luttes ouvriéres et voient juste ca en livre d’histoire ne peuvent pas penser comme ceux qui les ont connus. De mêmes, les plus jeunes de ma boite ne se souviennent pas de la chute du mur de Berlin. Alors que pour ma génération, même si on était jeunes et qu’on ne comprenait pas tout ce qui se passait, on ne peut que se souvenir de l’effervescence de ce soir la et d’une certaine joie dont les motifs n’étaient pas très compréhensibles mais qui était trés communicative. C’est le genre d’événements dont on se souvient.
Bref les plus jeunes ont toujours achetés du Made in China par exemple. Et pour eux, notamment depuis qu’il n’ont plus connus la guerre froide autrement qu’en histoire, la seconde guerre mondiale est aussi devenue un événement trés lointain qui ne faconne plus le monde d’aujourd’hui. Ils ont aussi peut être toujours connu l’europe sans frontiéres ni postes de douanes voir même l’euro qui fait que les déplacement sont facilités. Dans ce monde la, la notion de nation n’a plus le même sens. Rien n’a d’ailleurs le même sens que pour nos ainés.
Ainés qui justement interprétent notre différence comme "un manque de moralité", de combativité ou je ne sais quoi. Chose qu’il faudrait donc combattre. La situation est un peu similaire entre un Français et un Etranger qui ne se comprennent pas parce qu’ils n’ont pas le même vécu. Mais ce conflit et cette incompréhension est due à nos partis politiques qui n’ont pas su, pu ou voulu expliquer le monde à l’ensemble de la population tel qu’il est. En un mot voir le monde sans colorants ni conservateurs.
Il serait très dangereux d’exploiter en politique ce conflit latent mais non déclaré. D’une part cela ne résoudrait pas le problème, mais cela n’apporterait que de mauvaises réponses. Mais si vous voulez avoir un avant gout de ce qui nous attend, regardez la société japonaise. Ce challenge est à relever !
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