Christian Delarue
6 août 2009 22:10
Une politique de classe pour ceux d’en-bas.
Cela ne doit pas être compris comme une version misérabiliste qui s’applique qu’aux SMICards.
On est prolétaire à moins de 3000 euros ou 3200 euros par mois en France en 2009.
Cela n’a rien à voir avec le salaire médian ou moyen mais plutôt avec le cout de la vie, le type de fiscalité, et surtout la présence de service public sur le territoire. Des études scientifiques ont validés ce point comme étant plus déterminant que la fiscalité pour la redistribution des richesses.
3000 ou 3200 euros c’est 2 X le SMIC revendiqués qui est donc de 1500 ou 1600 euros selon les syndicats de travailleurs.
* Deux mots sur la définition du prolétaire à partir de Marx.
Le prolétaire n’est pas seulement le travailleur salarié qui vend sa force de travail pour vivre à un capitaliste. C’est aussi, en quittant la sphère de la production pour la sphère de circulation des marchandises produites, celui qui épuise son salaire dans le mois pour la reproduction de la force de travail ; autrement dit le loyer ou les prêts immobilier d’achat de la maison, l’entretient de la famille (nourriture, santé, scolarité, etc..).
Qlq points de repères supplémentaires.
Vivre avec une famille avec un seul salaire à 3000 ou même 3200 euros ne permet guère d’épargner bcp, juste un peu pour le livret A . Rien à voir avec les indépendants nettement plus aisés qui gagnent le double 6000 ou 6400 euros soit 4 fois le SMIC revendiqué. Somme qui donne un pouvoir d’achat proprement extraordinaire, avec revenus fonciers, revenus financiers, ect... Et pourtant avec 6000 euros par mois on est encore loin des très grandes fortunes. Encore plus loin des multi-milliardiaires qui ne savent plus ce qu’ils possèdent !
Si la famille a deux salaires dont un à 3000 euros par mois, la vie permet de sortir de la condition prolétarienne mais sans être cependant un riche. J’appelle cela des « salariés en aisance limite ». Un rien peut encore faire basculer dans la condition prolétarienne. Il suffit qu’il y ait du chômage, ou plus simplement des études à payer et un loyer à un jeune étudiant et les fins de mois deviennent juste. Les frais de route empute aussi le budget de ceux ou celles qui travaillent loins de chez eux.
Voilà les grandes lignes pour défendre le "bloc des 3000-3200 euros par mois.
En précisant qu’un plafond est nécesaire : 4 x le SMIC revendiqué. ? soit 6000 ou 6200 euros.
Ce qui importe aussi c’est l’accès au travail et à l’évolution dans le travail. Ne pas rester trop longtemps au chômage puis ne pas rester trop longtemps avec le SMIC.
Disposer d’un minimum de revenu pour les sans emploi est nécessaire pour éviter la pente vers la rue. Il est difficile d’en sortir par en-haut.
Favoriser le retour à une formation qualifiante est également nécesaire pour ceux qui ont quitté l’école trop tôt.
Christian Delarue
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