morice
2 janvier 2010 11:14
Ça ne tient pas debout, cher collègue, votre argumentation : si l’on doit s’opposer à un pouvoir fort, on le fait aussi avec violence et il y a une musique forte pour ça : le hard-rock ou le grunge et leurs épiphénomènes. En banlieue, on s’opposera avec du rap ou ses dérivés. Votre vision du jazz est celle que j’ai pu constater il y plus de vingt ans quand je travaillais à Jazz-Hot : celle que Philippe Adler m’a expliquée : une musique de bobos pas révolutionnaires et même devenus bien réacs parfois. Le jazz français s’est très nettement « classiquifié » ces dernières années : il est devenu ... chiant, et académique, avec des gens comme Portal par exemple. Il méprise les plus jeunes, et les accuse d’amener des « musiques ethniques »... ce qui est un comble. Sixun, si méprisé, en est le meilleur exemple. En France, Boris Vian aura tué le jazz en en faisant un mouvement pour intellos. Pour Jazz-Hot, j’étais allé rencontrer Gill Scott- Heron : quand on a parlé de lui, vous auriez vu le courrier des vieux jazzistes, outrés... !! Le jazz est tout sauf révolutionnaire, aujourd’hui car on peut aller difficilement plus loin que ne sont allés Parker ou Ornette Coleman. On a eu un débat terrible quand on a sorti l’article sur la mort de Jaco Pastorius que j’ai eu l’honneur de rédiger : ce gars là était un sang nouveau, un autre Miles Davis et l’Hendrix qui manquait au jazz. Il n« y a pas eu de nouveau Pastorius depuis, et les jeunes jazzistes aujourd’hui ont du talent mais rien à dire ou rien à apporter, broyés par le mécanisme de sortie des disques. Le jazz français, aujourd’hui, en devenant académique (avec son orchestre national !! ) a perdu toute velléité, même de représentation du monde qui l’entoure. En devenant musique d’intellos, il s’est coupé des masses et ne peux plus la représenter : en 1920 on DANSAIT sur des airs de jazz, Amstrong faisait rire tout le monde et faisait bouger des culs ! La musique »nègre« on disait, celle que le allemands appelleront »dégénérée« (et qu’Hitler écoutera en cachette !) Maintenant faut se taper du Portal . C’est le Finkielkraut de la musique désormais. Conservateur, qui tire le jazz vers sa tombe. Le jazz manouche et sa vogue actuelle, voilà le seul lien entre les années 40 et maintenant :ça c’’est festif au moins !
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