Sylvain Reboul Sylvain Reboul 22 mars 2010 12:51

L’attitude du gouvernement Merkel est d’abord l’expression d’une impuissance intérieure à gouverner : 


1) la coalition depuis les dernières élections est en panne sur tous les plans car les deux partis au pouvoir (CDU-FTP on pourrait même dire les trois avec la CSU) ne sont d’accord ni sur la politique fiscale, ni sur la politique sociale (réforme des mesures dites Hartz IV) ni sur la politique de santé, ni sur la politique familiale et scolaire, ni même sur la politique extérieure (en Afghanistan notamment), ni sur la politique de sécurité ; bref sur rien d’essentiel. 

2) La dette publique explose or il faut encore et encore financer le chômage partiel (solution allemande à la crise économique et au chômage) pour éviter l’explosion sociale et politique qui entrainerait l’alliance quasi-inévitable du SPD des syndicats et du parti die Linke.

La chancelière n’a donc d’autre ressource pour préserver un semblant de légitimité, face au désastre évident de son autorité à décider et à imposer un quelconque compromis entre les partis de sa coalition, que de jouer la carte nationaliste contre la Grèce. 

Quant à sa menace d’exclure la Grèce de la zone euro sans l’aider, c’est du pipeau :
1) elle sait très bien qu’elle n’a aucun moyen européen institutionnel d’ obtenir la première
2) elle sait aussi que que les milieux d’affaire allemands très impliqués dans la dette grecque attendent une aide pour ne pas tout perdre, ce que reflète la presse financière allemande qui n’hésite pas à condamner l’irresponsabilité de ses propos va-en-guerre.

Beaucoup d’électeurs allemands, y compris chrétiens-sociaux qui ne veulent pas d’une union entre la SPD et die Linke regrettent aujourd’hui la grande coalition CDU/SPD...qui elle au moins avait fait la preuve de sa capacité à gouverner.


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