laurent T (---.---.52.84) 20 avril 2006 13:58

pour ceux qui possèdent encore un peu d’humanisme,lisez cet article d’Alison Weir journaliste Américaine : * L’Associated Press (AP) efface une cassette montrant un soldat israélien tirant sur un garçon palestinien

21 mars 2006 www.imemc.org

http://www.imemc.org/content/view/17480/79/

Au beau milieu de la « Semaine de Transparence » du journalisme - et pendant que l’AP et d’autres organismes discourent vaillamment sur « le droit de savoir » de l’opinion publique - l’AP continue de travailler dans l’opacité et refuse de répondre même à de simples questions sur sa façon de publier les informations internationales.

Surtout, elle refuse d’expliquer pourquoi elle a effacé la pellicule montrant un soldat israélien tirant, intentionnellement, sur un garçon palestinien.

« La tendance au secret est la pire menace pour la démocratie. » (le CEO de l’Associated Press, dans un discours sur l’importance de la transparence)

« La réponse officielle est que nous refusons de répondre ».(le directeur des relations avec les médias de l’Associated Press répondant aux questions sur l’AP)

L’AP, selon son site, est l’organisme d’informations le plus ancien et le plus important du monde. C’est l’hippopotame pour la publication d’infos que ses rédacteurs sélectionnent et qui parviennent à un milliard de personnes chaque jour. Alimentée par des milliers de journalistes, de stations de radio et de télévision, l’AP est un support décisif pour que les Américains puissent lire, entendre et voir... et pour qu’ils ne le puissent pas.

Et ce dont ils ne peuvent pas prendre connaissance est profondément important. J’ai travaillé sur une telle carence lorsque j’étais dans les Territoires palestiniens, l’an dernier, pour un documentaire, avec ma collègue (et ma fille) qui filmait mes entretiens.

Le 17 octobre 2004, les forces militaires israéliennes ont pénétré à Balata, une communauté dense, misérable au cœur de la Cisjordanie en Palestine. (Israël fait fréquemment des incursions dans ce secteur, et d’autres). Selon des témoins, les véhicules sont restés pendant une vingtaine de minutes, l’armée montrant son pouvoir sur la population palestinienne. Les témoins déclarent qu’il n’y avait aucun résistant palestinien, ni « accrochage », ni « fusillade », ni même de lancement de pierres. A un moment, après que la plupart des véhicules se soient finalement éloignés, un soldat israélien a calé son arme contre le blindé, visé un enfant tout proche, et a appuyé sur la détente.

Nous sommes allés à l’hôpital et avons rencontré Ahmed, le petit garçon, ses docteurs, sa famille et d’autres personnes. Ahmad avait des bandages tout autour du bas de l’abdomen, les chirurgiens l’avaient opéré à la vessie. Il dit qu’il avait peur des soldats israéliens, il a relevé la jambe de son pantalon pour nous montrer là où il avait déjà été blessé.

A l’hôpital, il y avait un second garçon, lui avait le fémur brisé ; et un troisième, en état critique, avec une balle dans un poumon. Un quatrième garçon, pas un blessé, visitait un ami. Il nous a montré sa lèvre balafrée et des dents qui lui manquaient, des soldats israéliens l’avaient touché à la bouche.

Ce n’était pas une situation inhabituelle. Lorsque j’avais visité des hôpitaux palestiniens lors d’un séjour précédent, j’avais vu beaucoup de victimes identiques, certaines avec des blessures pire encore. Pourtant, très peu d’Américains savent ce qui se passe. Les comportements de l’Associated Press dans le cas précis du tir contre Ahmad peuvent expliquer pourquoi.

Dans ce cas, nous avons découvert qu’un caméraman d’AP avait filmé tout l’incident. Ce caméraman a ensuite suivi ce qui, apparemment, est la routine. Il a envoyé sa cassette vidéo - un document extrêmement précieux étant donné qu’il contenait la preuve filmée d’un crime de guerre - au bureau de la régie de l’AP pour la région. Ce bureau est en Israël.

Ce qui s’est passé ensuite est incompréhensible.

L’AP a-t-elle diffusé la cassette ? non. L’AP l’a-t-elle confiée à la bonne personne, disponible pour enquêter sur ce crime ? non.

Selon son caméraman, AP l’a effacée.

Nous avons été étonnés. Nous sommes allés au bureau de la régie de l’AP en Israël. Avec notre propre caméra-vidéo, parfois en filmant, nous avons interrogé le chef du bureau, Steve Gutkin, sur cet incident. Notre information était-elle correcte, ou avait-il une autre version ? Le bureau détenait-il la vidéo, ou l’avaient-ils effectivement effacée ? et si oui, pourquoi ?

Gutkin, jetant un regard répété sur notre caméra et visiblement agité, nous dit que l’AP ne permettait pas à ses journalistes de faire des interviews. Que toutes les questions doivent aller à la Corporate Communications, à New York. Il m’explique qu’ils sont pressés par les délais et qu’ils ne peuvent pas me parler. Je lui dis que je comprends sa contrainte des délais, et je m’assoies pour attendre qu’il ait fini. Quand il a appelé la police israélienne pour nous faire arrêter, nous sommes partis.

Plus tard, de retour aux USA, j’ai appelé la Corporate Communications et ai obtenu le directeur des relations avec les médias, Jack Stokes, porte-parole des relations publiques de l’AP. J’avais déjà discuté avec Stokes précédemment. Pendant les années passées, j’avais déjà noté des défauts troublants dans la couverture par AP d’Israël et de la Palestine : des faits médiatiques non couverts, des publications envoyées à la presse internationale mais pas à la presse américaine, des récits omettant ou présentant de façon déformée des faits significatifs, des phrases critiques retirées des déclarations.

Je téléphone alors à l’AP proposant la rectification appropriée ou faisant une nouvelle mise en garde. Une fois, j’ai eu comme résultat à propos d’une info viciée qu’elle soit légèrement rectifiée en dernières nouvelles. Dans beaucoup de cas, cependant, il faut que j’appelle la Corporate Communications. Je leur téléphone, leur laisse un message, et j’attends une réponse. Le plus souvent, rien ne vient.

Plusieurs fois, pourtant, j’ai pu avoir une longue conversation avec le porte-parole de l’AP, Stokes. Aucune de ces discussions n’a abouti à ce que l’AP prenne des mesures. Voici quelques réponses typiques :

le récit non paru n’était « pas médiatique » ; il a été considéré par les rédacteurs de l’AP comme médiatique pour le reste du monde - par exemple l’arrestation violente par Israël de 300 jeunes Palestiniens - mais pas pour les USA (le principal allié d’Israël) ; enterrer une déclaration selon laquelle les forces israéliennes ont tiré dans la bouche d’une vieille femme palestinienne est justifié ; la relation inexacte d’un incident où un officier israélien crible de balles une fillette de 13 ans à bout portant est sans importance.

En dépit de cette relation peu réceptive, quand j’ai appris, de première main, que le bureau de l’AP avait effacé le film d’une atrocité, j’ai encore appelé la Corporate Communications. Je n’avais plus beaucoup d’espoir pour que l’AP fasse le moindre rectificatif, mais je comptais recevoir quelque information. J’ai donné à Stokes, le porte-parole, les nombreux détails de l’incident que nous avions recueillis sur place et lui ai posé les mêmes questions qu’à Gutkin. Il m’a dit qu’il regarderait et qu’il me tiendrait au courant.

Après plusieurs jours sans nouvelles, je l’ai rappelé. Il a indiqué qu’il avait regardé à propos de l’incident, et que l’AP avait décidé qu’il s’agissait d’une « question interne » et qu’ils ne donneraient aucune réponse.

Si nous n’agissons pas, personne d’autre ne le fera.

L’AP peut être jointe au (1) 212 621 1500

Alison Weir, ancienne journaliste, est directrice exécutive de « Si les Américains savaient », elle travaille actuellement à une analyse statistiques de la couverture par l’AP de l’information sur Israël et la Palestine, qui sera communiquée dans quelques mois. L’organisation a créé des cartes faisant part des agissements de l’AP pour que les gens les diffusent dans les communautés.

Ma conclusion :

Si ceux qui détiennent le pouvoir au USA sont complices du massacre des palestiniens,et si nos gouvernements se cantonnent dans un silence imcompréhensible,les peuples libres et démocratiques de l’occident doivent bouger ,il y en a marre.


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