Les CPE et CNE sont avant tout, comme toute règle de droit, des choix de société. Vous avez tous raison dans vos propres systèmes de pensée. Les uns sont libéraux (au sens économique) et croient en la main invisible du marché et en l’esprit d’entreprise. Les autres sont socialistes ou keynésiens et prônent l’intervention de l’État. Le problème est que chacun juge en fonction de son propre intérêt. Quand on est fils de classe aisée, il est logique (économiquement) de souhaiter la baisse des droits de succession et des impôts. Logique car on n’a pas besoin des autres, on peut se permettre d’être individualiste. On a le chéquier de papa et le carnet d’adresses de papa pour les stages et les boulots. Quand on est fils de la classe moyenne ou modeste, on dit merci à l’État pour l’école gratuite et la redistribution (grâce aux impôts des autres), et on en a marre de voir ses parents passer de CDD à intérim, ses frères de stage à chômage et d’entendre les autres (aisés) dirent qu’ils s’en sortent (soit-disant) par eux-mêmes. Vos luttes dans les commentaires ressemblent à des luttes de classes. Elles en sont de façon inconsciente.
Il me semble que la question essentielle est celle de savoir quelle société nous voulons construire. Est-ce celle de l’argent tout puissant ? Si oui ne changeons rien, c’est déjà fait. En revanche, si l’humain doit-être le centre des préoccupations et qu’une vie vaut plus qu’un cours de bourse alors changeons cette société. Les CPE et CNE ne font pas un traitement humain du chômage. Mais un traitement économique, fondé sur la théorie de la libre concurrence et en particulier sur l’une de ses conditions : la fluidité du marché (libre entrée-libre sortie). Or le « marché » du travail ne peut-être traité comme un marché. À moins que vous ne vendiez de l’humain.
Le facteur travail est peu mobile :
Pouvez-vous demain changer de région ou de pays ?
Les plus riches répondent « oui », ils ont les moyens de déménager... Les plus pauvres (classes moyennes et modestes) répondent « non ». Ils n’ont pas les moyens. çà c’est l’aspect économique. Maintenant, sur le plan humain. Dans une famille, un couple, faut-il vivre séparé pour des raisons professionnelles ? Il n’y a pas de bonne réponse, il n’y a qu’un choix de vie. Si vous mettez l’économique en avant vous répondez « oui », si vous mettez la réussite de votre vie de famille vous répondez « non ».
Le problème de l’emploi ne trouvera pas sa solution dans les règles de droit du travail. Une entreprise embauche si elle a des besoins, pas si on change le droit. Et si cette embauche lui rapporte plus qu’elle ne lui coûte. La production marginale créée par le salarié doit avoir une valeur supérieure au coût marginal du salarié. Or le droit est national, au mieux communautaire et l’économie est mondiale. Il y a là une asymétrie fondamentale. Tant que des pays offriront une main d’oeuvre bon marché, une faible imposition...il existera cette asymétrie. Or il y aura toujours des différences de niveau de développement entre régions du monde. Le droit n’y pourra rien.
Tout cela ne pourra pas changer tant que les rapports des individus se régleront avec un instrument qui s’appelle la monnaie dans un système fondé sur l’offre.
Il faut inverser le processus. La demande doit être le point de départ de toute création, et la monnaie la façon d’échanger nos productions. Aujourd’hui la seule façon de changer notre monde est de remettre en cause non l’existence de la monnaie mais son caractère spéculatif. Elle ne doit être qu’un instrument d’échange et non autre chose. Elle ne doit plus être une « marchandise » stockable et qui s’apprécie ou se déprécie. La monnaie, l’argent doit être au service de l’humanité et non l’inverse.
Pour les rapports sociaux je vous invite ici
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