thery (---.---.185.62) 23 mars 2006 15:34

Dans une époque où le costume de la victime est endossée à tout-va, où les mots de « scandale » et de « tragédie » sont sur toutes les lèvres, on en oublie d’écouter les voix plus discrètes, moins séduisantes, de ceux qui vivent au quotidien les drames du monde du travail ; heureusement, il y a encore des lieux où la valeur de la parole ne dépend pas de sa grandiloquence : les prud’hommes font partie de ces lieux ; s’y offre la parole de victimes qui viennent là présenter leur souffrance, les humiliations qu’ils ont subies sans discourir crânement sur notre crise sociétale ; si les prud’hommes ne sont pas une tribune politique, c’est pourtant là que les injustices apparaissent, que tous les mécanismes de dicrimination, d’exclusion sont révélés. C’est donc aussi là qu’on aperçoit que notre société vacille : comment alors expliquer le silence des centrales syndicales lors de cet anniversaire de la juridiction prud’homale ?! N’est-ce pourtant pas ici un de leurs lieux naturels ? Est-ce à dire que ces instances se sont dénaturées à force de regarder ailleurs ? Mais où regardent-elles alors ?


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