jcm (---.---.248.121) 4 avril 2006 13:20

@ Thibaud de Senneville >

« ...ces dividendes ne seront que trop peu réinjectés sous forme d’investissements humains ou technologiques en France. »

On pourrait aussi avancer qu’une part de ces dividendes ne serviront qu’à des jeux financiers destinés à survaloriser les actions de ces entreprises, ne générant aucun des retours traditionnels du capital vers de réels investissements, ce que certains ont appelé « capitalisme sans objet » depuis quelques temps.

« Quelles seront donc les conséquences pour l’industrie des pays occidentaux, et en particulier de la France ? Dans la logique actuelle, c’est à un affaiblissement économique et social que l’on va assister, à un lent déclin, tandis que les pays émergents, qui ont choisi la logique libérale, vont continuer à voir leurs inégalités sociales s’accroître et le fossé entre riches et pauvres devenir toujours plus béant. »

« Un capitalisme à visage humain. Une économie qui reviendrait vers les fondamentaux : le travail et sa rémunération. »

Cela est étroitement lié à une cause structurelle qui est la définition de l’entreprise comme une structure d’abord et avant tout orientée vers l’augmentation de son propre profit, au détriment de toute autre considération.

Et c’est bien ce que nous voyons à l’oeuvre autour du monde, des entreprises qui s’enrichissent considérablement et parfois au détriment de leur « capital humain » si cela permet d’accroître le profit.

Ce n’est donc pas en régulant de quelque façon que ce soit les entreprises que l’on obtiendra les résultats les plus probants mais en faisant en sorte que soit progressivement abandonné ce type de structure à la faveur d’autres structures qui permettent à la fois la production de richesses telle que peuvent la pratiquer des entreprises mais dans un cadre tel que cette structure ne permette en rien la captation / concentration de richesses que l’on constate de la part des entreprises.

On a parlé « d’entreprises citoyennes » : l’entreprise ne peut pas (plus ?) être citoyenne !

C’est ce que j’expose de façon plus détaillée dans Entreprises, anti-démocratie, facteur d’instabilité : au niveau interne, au niveau local comme au niveau mondial l’entreprise est en fait le lieu même de l’anti démocratie de de la non citoyenneté.

Une forme de dictature très organisée, relayée par ses groupements professionnels, « lobbies », dont on a vu comme pour ce qui concerne l’amiante qu’elles peuvent dicter aux instances dirigeantes ce qui leur sera profitable, au péril du public.

Dérives ?

Si ce sont des dérives on doit constater qu’elles sont plus que courantes, et il suffira de se pencher sur l’histoire récente des campagnes de prévention contre l’obésité pour se remémorer l’influence écrasante que peuvent avoir les lobbies sucriers sur la teneur de ces campagnes... et par conséquent sur leur impact potentiel.

Un capitalisme à visage humain serait possible, mais à condition de changer certaines des structures sur lesquelles repose le capitalisme.


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