easy
27 janvier 2011 12:03
Vous cultivez une sourde paranoïa cher Bernard (paranoïa au sens vulgaire)
Richard Durn faisait régulièrement les mêmes réflexions que vous sur le Monde, selon son ami qui nous l’a rapporté après la catastrophe.
Ca fait au bas mot 10 000 ans que l’homme croit en des dieux dont il naurait vu que des manifestations mais à partir desquelles il aurait beaucoup spéculé : S’il y a un coup de foudre, une sècheresse (des choses contrariantes pour l’homme mais pas pour un scorpion), il spécule qu’il y a derrière cette manifestation quelqu’un qui l’a produite, qui a voulu la produire et cela avec une intention maléfique.
Il y a un Méchant caché et en embuscade.
Vous arrivez après 10 000 ans de superstition et vous êtes superstitieux, mais vous ne le savez pas, forcément.
L’homme, les scientifiques surtout, ont beau essayer de mettre le cosmos en rayonnage, en bon ordre de compréhension, dans tous ses aspects et recoins, il présente des aberrations. C’est très probablement grâce à elles que la vie, puis la forme actuelle du vivant est ce qu’elle est. Sans aberrations, pas de lumière, pas de baleine, pas de langouste. Pas de Terre.
Pour peu que la vie soit relativement rare dans le cosmos, la Terre serait un des combles d’aberration cosmique.
Le comble de ce comble c’est que des fruits de ces aberrations dénoncent les aberrations en fantasmant à quelque bon ordre.
Le hasard de la distribution des cartes vous fait jalouser le tirage d’autres hommes que vous trouvez glandeurs ou profiteurs. Richard Durn pareil. Mais je saurais trouver des gens considérant que votre situation est aberrante, pas au sens de bleu ou verte mais au sens d’anormalement abusive.
Ca vous déplaît que je vous compare trop à R Durn ? Vous trouvez que j’abuse ? Mais vous nous abusez en nous servant des foncifs dont l’éculé frigo vendu aux Esquimaux.
R Durn en avait plein les carnets des poncifs de ce genre. Il réclamait plus de reconnaissance sociale mais sa seule et très relative originalité était d’avoir fait collection de lieux communs négatifs et de s’empoisonner le regard avec.
Je vous invite d’abord à identifier les causes personnelles, familiales, de cette névrose qui vous conduit, comme une partie d’entre nous ici, à cette collectionnite des conneries ou perles de ceux qui nous dirigent, nous écrasent, nous ruinent, nous humilient, et qui montent compulsivement des expos, des galeries, des installations portant titre général « Notre malheur, à cause d’eux ». Eclairage ici, agrandissement là ; sous-tirage ici, fond sonore là ; accroche aposématique ici, décor sombre là.
Puis à utiliser votre intelligence libérée pour gamberger sur ce qui fait la limite entre le moment où chacun doit intervenir sur l’état des choses, sur le moment où il ferait mieux de cesser d’intervenir (en laissant donc une part au chaos) et sur ce qui fait qu’il n’y a jamais deux personnes posant le curseur au même endroit au même moment.
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