blackestmajor (---.---.142.198) 20 avril 2006 10:53

Méric de St-Cyr,

Je rejoins pas mal de monde sur le fait que cet article est écrit sous le sceau de l’amateurisme et du piège anglophone du mot « free » utilisé aussi bien pour désigner « gratuit » que « libre »...

Certaines personnes écrivent du libre dans le but de se faire les dents pour être repéré par une grosse boite ? Et Alors ? Leur travail étant libre, il restera de toute façon une trace, réutilisable et améliorable par d’autres... Parfois il suffit qu’un programmeur professionnel développe un petit logiciel utile en peu de temps, pour qu’ensuite une légion de contributeurs le trouvent génial et l’améliorent. Tout le monde y a gagné.

De grosses sociétés financent le libre pour contrer le monopole d’autres grosses sociétés ? Et Alors ? Au final les programmes et projets ainsi financés restent libres, ils ne tombent pas dans l’escarcelle de ces grosses sociétés qui les ont financées, ils profitent à tous.

Concernant l’argument facile selon lequel le logiciel libre est peu utilisable parce que peu ergonomique, je vous répondrais que c’est parfois vrai, mais personnellement je préfère qu’un logiciel soit d’abord développé solidement pour ce qui est des services qu’il rend, et que seulement ensuite on lui ajoute une interface intuitive et haute en couleur. A moins que vous préfériez les usines à gaz pleines de gros boutons colorés et d’effets graphiques tape à l’oeil mais qui mettent à genoux les machines les plus dispendieuses (qui a dit Vista ?)

Pour votre information, certains logiciels libres comme Gimp ou Blender sont décris par ceux qui utilisent leurs équivalent propriétaires Photoshop et 3DsMax ou Maya comme peu ergonomiques et peu intuitifs. C’est vrai lorsqu’on n’utilise que la souris, si on prend la peine de jeter un oeil aux raccourcis clavier, on peut très vite devenir beaucoup plus rapide à faire la même chose dans la version libre. J’ai lu plus haut que ces logiciels ne peuvent rivaliser avec leurs équivalents propriétaires, je répondrais que celà reste à prouver, beaucoup d’utilisateurs estiment que sur beaucoup de fonctions, ils se valent. Et comparons un instant la taille et les ressources nécessitées par un Gimp ou un Blender face à Photoshop ou un Maya... Là effectivement y’a pas photo...

Vous parlez d’un logiciel libre qui s’éloigne des standards, mais justement la plupart des logiciels libres s’appuient sur des standards libres. Même si le format en question s’avère minoritaire, je préfère savoir qu’il existe plutôt que de me dire que le seul format, celui plebiscité par la majorité des gens à grand coup de marketing, est un format fermé, propriétaire (et le plus souvent, moins performant)

Vous parlez d’une dichotomie, effectivement elle existe, mais elle n’est le fait que d’une certaine catégorie d’entreprises, qui ne peuvent faire autrement car elles dépendent de logiciels libres (ex : la société Transgaming qui commercialise un programme permettant de faire tourner des jeux Windows sous Linux : Cedega. Ce programme n’est pas libre mais s’appuie en grande partie sur Wine, qui lui est libre. Donc Cedega est proposé en deux versions : l’une en CVS et ligne de commande, l’autre avec une interface plus ergonomique, payante via un abonnement). Ces sociétés ne vendent pas le logiciel en lui même en réalité, mais une partie, la partie ergonomique et intuitive, ainsi qu’un certain nombre de services. C’est un choix discutable certes, mais ce n’est pas une référence en matière de logiciel libre.

Vous parlez de passerelles, mais pourquoi rejeter la faute sur la communauté du libre qui se borne à utiliser des standards ouverts et libres ? Cette situation est au contraire créé par les gros groupes type microsoft qui veulent imposer des formats propriétaires non interopérables avec les autres formats, mais force est de constater que même ces grands groupes sont obligés de tenir compte de l’existence des formats libres et de les inclure dans leurs logiciels propriétaires. Si de telles passerelles sont difficiles à développer, c’est la faute aux standards fermés, pas aux standards ouverts !

Constater que nous vivons dans un monde où l’argent est roi et ou toute chose est faite par intérêt est réaliste. Croire que c’est inéluctable et, comme Demian West, tout à fait normal (pas lui, le fait :)) et même défendable, c’est profondemment pessimiste. On commence par dire que le libre est une utopie, on finit par l’accepter et s’y résigner, et là c’est la porte ouverte à tout, à ce moment là on nous fera payer à la touche appuyée ou au clic, ou je ne sais quoi d’autre... Franchement, ça vous conviendrait de commencer à payer pour chaque patch de votre système d’exploitation, y compris les patchs de sécurité ? Ca vous plairait d’avoir un logiciel par format parce que tous les formats sont proprios et ininteropérable ?

Enfin vous parlez de logiciel sur mesure, en évoquant l’exemple cité plus haut, mais le libre c’est justement la possibilité de concevoir des logiciels sur mesure en fonction des attentes des utilisateurs, le monde linux permet de combiner différentes briques : le noyau, le gestionnaire d’environnement, le gestionnaire graphique etc... Par exemple, le logiciel K3b est connu pour être le pendant libre de Nero, il fait partie de l’environnement KDE, mais rien n’empêche de l’installer sous Gnome, et inversement les logiciels fournis avec Gnome s’installent sous KDE etc... Et c’est valables pour des centaines et des centaines de logiciels, bref de quoi se constituer un OS sur mesure, et pourtant il ne me semble pas que choisir linux c’est ce qu’il y ai de plus cher.

Pour finir, vous considérez le libre comme une utopie humaine déconnectée de la réalité, dans cas je préfère rester dans l’utopie humaine plutôt que dans la réalité mesquine et mercantile. Accepter que nos choix ne soient pas uniquement motivés par l’instinct de survie, c’est aussi ça être humain.


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