James Lovelock, dans « The Revenge of Gaia », caractérise l’attitude de l’écolo modèle 70, fervent de l’antinucléaire convivial et bien embêté par le changement climatique, par la devise suivante : « je suis bien dans mes idées, ne venez pas m’emmerder avec des faits ! »
On ne peux rien dire de sérieux sur l’avenir énergétique sans 1°)préciser les hypothèses utilisées (démographie, PIB, climat...) et 2°)faire des calculs prenant en compte TOUS les besoins et TOUTES les énergies imaginables.
Agoravox n’est pas le lieu idéal pour ça ! Pour se faire une idée d’un scénario global « écolo » (sortie du nucléaire) on peut regarder sur le site de Négawatt (www.negawatt.org). Leur scénario, à mon avis, pêche sur les points suivants :
- L’effacement progressif du nucléaire devant 30% d’éolien est ingérable en terme de régulation du réseau électrique.
- Les calculs ne sont faits qu’en énergie (TWh) et jamais en puissance (GW) : la notion de « pointe de demande » leur est inconnue, alors qu’elle est essentielle si on veut de l’électricité en permanence.
- Il est prévu un fort appel au gaz, bien trop important car tous les pays vont se jeter dessus pour boucher les « absences » de l’éolien et du solaire, et les fuites de méthane ont vite fait de le rendre aussi dangereux pour le climat que le fioul. Les lobbies de l’éolien industriel et du gaz se goinfrent dans ce scénario. GAZPROM est-il vraiment plus sympathique que le « lobby nucléaire » ?
- Pour un scénario allant jusqu’en 2050, ne pas tenir compte d’un changement climatique qui sera largement engagé est assez nul : la climatisation va s’envoler, on n’aura pas le temps d’isoler tout l’habitat ancien.
- La voiture électrique est ignorée, alors qu’en 2008 va sortir la Cleanova à batteries au lithium rechargeables à domicile en heures creuses : 150 à 200 km d’autonomie, de quoi rafler tout le marché de la seconde voiture et des flottes d’entreprises !
- Le nucléaire de 4ème génération, certainement disponible pour 2030, est complètement ignoré.
- Le financement des investissements et son étalement dans le temps sont très peu abordés.
En résumé, quand on pose en principe la sortie du nucléaire il faut tricher avec pas mal de contraintes pour présenter un scénario climatiquement acceptable en 2050. Si on garde le nucléaire, on dispose d’une marge de manoeuvre si l’on a sous-estimé le report des fossiles vers l’électricité, ou si la situation empire si vite sur le front climatique qu’il faut baisser l’usage des fossiles à toute allure.
Il faut garder à l’esprit que le risque nucléaire n’est que local et éventuel, alors que le risque climatique est global et certain. 5°C de plus en moyenne sur la planète (tendance actuelle pour 2100), c’est 10 000 Tchernobyls, qu’on compte en pertes humaines ou en surface perdue.
Ajouter une réaction
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe
