Cette campagne pour le « non » a été un des sommêts de la malhonnêteté intellectuelle dans la politique.
Les arguments avancés par M. Fabius en particulier étaient très exactement des bonnes raisons de voter « oui », et des deux mains. La manœuvre était tellement osée que les partisans du oui en sont restés pantois.
Comme je ne pense pas que monsieur Fabius soit suffisamment dénué d’intelligence pour croire en ses théories, la seule explication possible est l’opportunisme. Prendre appui sur la crainte naturelle du changement pour s’en faire une arme de combat politique.
Hier midi, la télévision a montré un reportage montrant des personnes ayant voté non, fières de l’avoir fait et se disant prêtes à recommencer. C’était ahurissant. Toutes ces personnes exposaient des problèmes qu’ils rencontrent quotidiennement (pêcheurs, commerçants) et pensaient avec un bel aplomb que le « non » était la meilleure solution pour eux - convaincus qu’ils avaient été par les belles paroles opportunistes de quelques uns.
Je pense en particulier à une personne qui se plaignait (en substance) du fait que le tabac vaut moins cher dans les autres pays de l’Union et qu’elle avait du mal à continuer son commerce. Elle avait voté non (sans doute dans l’espoir de rétablir des barrières douanières empêchant les gens d’aller faire leurs courses en Belgique) sans réaliser qu’un équilibre des prix (entre autres) ne peut se faire qu’en progressant dans l’Union. La même chose pour les quotas de pêche etc.
C’est d’une débilité équivalente à l’histoire du plombier polonais.
Mais maintenant on voit Fabius qui essaie de se rattraper aux branches, et qui fait semblant de « proposer » quelque chose. Le premier traité était une chance à saisir, parce qu’il était très favorable à la France. Négocier quelque chose maintenant que les nouveaux États participent à la discussion sera beaucoup plus difficile, et moins avantageux au final.
Il n’en reste pas moins que même les miettes sont à prendre.
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